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France Insights

Entre deux tours : que sont devenus les supporters de Sarkozy ?

Cécile Lacroix-Lanoë

Directrice d'études, Kantar Public

Presidentielle 24.11.2016 / 15:00

Sarkozy

Nous l’évoquions tout au long de cette campagne, si Nicolas Sarkozy était dominant sur les réseaux sociaux et particulièrement sur Twitter, c’est avant tout parce qu’il était porté par une dynamique militante très forte et organisée. Que sont devenus ces « e-militants » après la défaite ? Vont-ils suivre la consigne de vote de leur leader ?

L’avance de François Fillon sur Alain Juppé paraît  très confortable au lendemain du premier tour. Toutefois, pendant ces quelques jours de campagne avant le second tour, le député de Paris aura besoin de « fixer » son électorat  sur sa personne et son programme,  afin notamment de s’assurer du report de sarkozystes en sa faveur dimanche prochain. Il est donc intéressant d’observer comment se mobilisent – ou non – les supporters sarkozystes qui, souvent de jeunes militants, se sont  montrés particulièrement actifs sur Twitter durant la campagne du premier tour. Intéressant aussi parce que ces troupes militantes nombreuses et engagées sont autant d’acteurs que la droite républicaine pourrait mettre à profit dans les mois à venir. 

Le gros des troupes sarkozystes sur Twitter s’est mis en veille après le premier tour, au moins en termes militants. Ils continuent à parler de politique, de leur parti et de la primaire, mais ne s’engagent pas en faveur de l’un des candidats restant en lice. 

Chez les quelques ralliés de second tour, l’engagement est  clairement du côté de François Fillon, les supporters de l’ancien président respectant l’indication de vote donnée par celui-ci. Les critiques à l’égard du maire de Bordeaux sont parfois très virulentes. Outre l’argument bien connu et ancré chez les supporters sarkozystes qu’Alain Juppé serait « le candidat de la gauche », s’ajoute également, en marge, une campagne qui s’appuie sur les éléments de l’extrême-droite, invoquant  notamment une proximité d’Alain Juppé avec les Frères musulmans. 

Enfin, après l’éviction de leur favori, une frange bien visible a même décidé de quitter le parti Les Républicains, en prenant sur Twitter l’étiquette de « sans parti fixe » (#SPF) et en faisant part de leur forte déception par des actions symboliques comme découper leur carte de membre du parti, ou appeler à manifester devant le siège du parti.

Source : Kantar Public

Notes de la rédaction

Recueil des tweets concernant la primaire de la droite et du centre. La collecte des données a été faite à partir d’une requête booléenne grâce à la plateforme Brandwatch. Celle-ci permet de recueillir les tweets qui évoquent la primaire de la droite et du centre, les candidats à cette primaire, les comptes de campagne des candidats et les hashtags de campagne de ces candidats. Dates du recueil : du 1er octobre au 23 novembre 2016.

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