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France Insights

L'alliance de la Gauche à l'élection présidentielle : la difficile conciliation

Guillaume Caline

Directeur de clientèle, Kantar Public

Presidentielle 27.02.2017 / 09:00

jean-luc-melenchon-benoit-hamon

A près de deux mois du premier tour de l’élection présidentielle et malgré le ralliement de Yannick Jadot au vainqueur de la Primaire de la Gauche, la dispersion de l’électorat de gauche entre les candidatures d’Emmanuel Macron, de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon semble rendre difficile la présence du candidat du Parti socialiste ou de la France insoumise au second tour.

Les participants à notre communauté en ligne Kantar Public – Krealinks se sont spontanément interrogés sur l’utilité et la possibilité d’une alliance de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon.

Alors que les appels au rassemblement des différentes forces de gauche se multiplient et que Yannick Jadot a rallié Benoît Hamon, les internautes de notre communauté présidentielle estiment quasi-unanimement qu’une alliance entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon est la seule chance pour la gauche d’être présente au second tour de l’élection présidentielle, mais ils doutent tout aussi largement que ce rassemblement soit possible.

L’alliance, unique moyen de voir la gauche au second tour

Les internautes, quels que soient leurs préférences partisanes, s’accordent à dire que l’alliance de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon est la condition sine qua non de la présence de la gauche au second tour de la présidentielle. Pour eux, le score élevé de M. Le Pen annoncé par les sondages et la bataille pour la deuxième place qui leur paraît se jouer entre F. Fillon et E. Macron empêchent B. Hamon et J-L. Mélenchon de se qualifier pour le second tour de l’élection. Mais ils jugent que les poids électoraux cumulés des deux candidats de gauche seraient suffisants pour être au second tour.

« Aujourd’hui, la gauche est divisée et je pense que leurs poids électoraux respectifs ne sont pas assez forts pour espérer passer le premier tour. » ; « Si la gauche veut espérer gagner, oui, elle doit se rassembler. »

Dès lors, la plupart des sympathisants de gauche de la communauté soutient l’alliance entre B. Hamon et J-L. Mélenchon : elle serait le moyen de porter jusqu’à la victoire des idées de gauche. Ainsi, pour eux, un programme commun est envisageable parce que les programmes des deux candidats leur semblent avoir de nombreux points de convergence. Ce n’est qu’en mineur que des sympathisants de gauche rejettent l’idée de l’alliance : il s’agit d’électeurs de J-L. Mélenchon, pour qui une alliance « décrédibiliserait » leur candidat, qui doit plutôt faire « cavalier seul ».

« La seule solution pour que ces trois candidats puissent faire avancer les choses, c’est une alliance intelligente : ils nous montreraient qu’ils sont bien là pour défendre leurs idées et non leurs intérêts. » ; « Il y a dans leurs programmes suffisamment de points de convergence pour qu’un accord soit envisageable. »

Parmi les sympathisants de gauche, les électeurs favorables à Jean-Luc Mélenchon ne peuvent envisager qu’un désistement de Benoît Hamon en faveur de leur candidat. Ils mettent en avant pour cela l’expérience de J-L. Mélenchon, la longévité de son combat politique et sa campagne, commencée avant celle de B. Hamon.

« Je pense que Mélenchon est parti le premier en campagne, il y a un an. Hamon, quant à lui, vient de sortir, tout étonné lui-même, vainqueur des primaires, il y a un mois. »

Mais la conciliation semble irréalisable

Presque tous les internautes de la communauté n’envisagent pas qu’une alliance entre B. Hamon et J-L. Mélenchon puisse être conclue, et ce avant tout à cause de l’incompatibilité des deux caractères. Ainsi, les internautes identifient deux blocages d’ordre personnel chez les candidats :

  • Leurs égos : les deux candidats refuseraient par fierté de se rallier l’un à l’autre. Ce défaut est particulièrement attribué à J-L. Mélenchon.

  • Leurs personnalités : les deux candidats ne pourraient pas s’entendre, J-L. Mélenchon, « grenade dégoupillée » n’acceptant pas la nuance et B. Hamon, « premier de la classe » qui ne peut pas rallier J-L. Mélenchon à son camp s’il ne parvient pas à rassembler son propre parti.

« Hamon et Mélenchon, qu’ont-ils en commun pour se rallier, sans parler de leurs personnalités opposées et de leurs egos ? » ; « Mélenchon est bien trop égocentrique pour se retirer au profit de qui que ce soit. Hamon est bien incapable de rassembler son parti derrière lui, alors canaliser la fougue de Mélenchon... »

Aux eux des internautes, les points de divergence des programmes ne semblent être qu’un obstacle secondaire à leur alliance. Toutefois, ces désaccords sont rarement exprimés précisément.

« Ils ont tous les trois des positions communes sur l’environnement, sur l’éducation et sur la réduction des inégalités mais aussi beaucoup de divergences. » ; « Les deux candidats ont des vues différentes sur certains sujets (le revenu universel fait débat par exemple). »

L’impossibilité de l’alliance semble actée pour la plupart de la communauté. Face à ce constat, deux réactions majeures s’expriment :

  • L’échec de l’alliance est un point positif pour les sympathisants de droite et pour une partie des électeurs de J-L. Mélenchon. En effet, ils estiment qu’une candidature commune prouverait l’échec des candidats à rassembler leur camp et cacherait des intérêts électoralistes pour la présidentielle alors que les candidats ne s’entendent pas en temps normal.  

    « Ça n’est pas possible et surtout pas crédible, ça démontrerait l’incapacité de chaque candidat à rassembler derrière lui et son programme un nombre suffisant de Français. » ; « Quand bien même il y aurait union, après les critiques qu’ils se sont prodigués, ils passeraient pour des comiques. »
     
  • La plupart des sympathisants de gauche font le cheminement inverse : l’échec de l’alliance signifie que les intérêts personnels sont placés au-dessus de l’intérêt commun et il annonce la défaite des deux candidats à la présidentielle. Pour eux, les candidats pensent aux élections législatives, à leur avenir dans l’opposition et ont fait une croix sur la présidentielle.

    « C’est évident que s’ils ne s’allient pas, cela signifie l’échec pour tous les deux. Ils préfèreront donc perdre plutôt que de faire gagner l’autre. » ; « Je crois que ce qui les intéresse c’est d’arriver en position de force au premier tour afin de préparer l’opposition après l’élection et de peser à l’Assemblée Nationale. » ; «  Les égos sont passés devant l’intérêt commun. La question de savoir qui des deux allait représenter la gauche était une question accessoire, à se poser à la fin des échanges. C’est devenu une question préalable. »

Romain Weber, Chargé d'études
Guillaume Caline, Directeur de clientèle

Source : Kantar Public

Notes de la rédaction

Suivi d'une communauté online d'une soixantaine de personnes, invitées à s'exprimer librement sur ce qu'elles pensent de l’actualité politique jusqu'aux élections de 2017. Cette communauté est réalisée en partenariat avec Krealinks.

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