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France Insights

Le premier débat présidentiel : du respect entre les candidats qui étonne positivement les Français, mais un débat qui pour l’heure ne fait pas bouger les lignes

Laure Salvaing

Directrice déléguée, Kantar Public France

Presidentielle 22.03.2017 / 16:00

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Le premier débat télévisé présidentiel représentait l’occasion pour les Français de se faire une idée plus précise de cinq des onze candidats à l’élection présidentielle : Marine Le Pen, François Fillon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon étaient donc invités à confronter leurs programmes lors de l’émission du 20 mars 2017.

Grâce au suivi qualitatif de l’opinion, effectué à travers la « communauté présidentielle 2017  » Kantar Public-Krealinks, qui rend compte des réactions des Français, la diversité des attentes concernant ce premier débat a pu être mesuré. Elles étaient plurielles, les Français attendant de ce débat et des candidats qu’ils abordent leurs solutions face à leurs difficultés au quotidien, leurs doutes et leurs espoirs.

A ce titre, le débat a étonné les Français de par le respect dont ont fait preuve les candidats entre eux. En effet, avant le débat, ils souhaitaient « du respect pour nous les Français » et craignaient que cet événement deviennent l’occasion d’assister à des candidats qui s’affrontent à travers « du blabla, des mensonges, des petites phrases chocs ». Selon les participants de notre communauté, les candidats se sont donc « respectés dans l'ensemble » et sont même perçus comme « gentils entre eux ». Les téléspectateurs se disent en majorité surpris de la « bonne tenue » des candidats, ils ont délaissé les rhétoriques fondées sur « les attaques personnelles » qui leur auraient été jugées « préjudiciables ».

Au-delà, le débat a suscité de nombreuses réactions sur le cœur même des programmes des candidats. Ainsi, les participants de la communauté présidentielle n’ont pas hésité à s’exprimer via de longs commentaires en soulignant les idées phares de chaque candidat. C’est principalement le projet anti-Européen de Marine Le Pen, le revenu universel de Benoit Hamon et la VIe République de Jean-Luc Mélenchon qui ont marqué les esprits.

Parallèlement, les téléspectateurs se sont majoritairement appliqués à commenter l’attitude de trois candidats : en premier lieu, le comportement de François Fillon a été remarqué et très largement commenté : son « retrait » et sa « discrétion » ont été perçu par son électorat comme des signes positifs de « bon père de famille », « solide » et « sérieux ». A l’opposé, les autres ont assimilé le comportement de François Fillon à de l’« austérité » ou une « gêne », « certainement à cause de ses casseroles». De son côté Jean-Luc Mélenchon apparaît comme un bon orateur « à l’aise » et « sympathique » auprès de son électorat, mais aussi critiqué par les autres comme étant « irréaliste » et « comédien ». Enfin Emmanuel Macron a quant à lui fait figure de « petit nouveau dans ce genre d’exercice » et a malgré un certain « flou » dans ses propos, réussi à « bien se débrouiller ».

Pour autant, le débat s’est avéré globalement décevant pour les Français qui déplorent le manque d’informations nouvelles. Ce débat est apparu comme n’apportant « rien de vraiment nouveau dans le flot des propositions à part quelques détails ». Les personnes interrogées affirment ainsi que « quelques petits accrochages ont eu lieu, mais sur des sujets qu’on connait, et entre des personnes qui se sont déjà accrochés sur les mêmes sujets ». De même, les téléspectateurs déplorent le manque de « point concret» sur les sujets qui les touchent ou les mesures prônées par les candidats. Ils ont également jugé le discours des candidats trop « policé », souvent théorique, avec un aspect « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » qui n’a pas su les séduire.  

Selon les participants de notre communauté, c’est ainsi la tension qui a dominé le débat présidentiel. En effet, les candidats sont perçus comme ayant « mis du temps avant d’être à l’aise » au détriment de la qualité du débat. Certains téléspectateurs ont dénoncé l’absence de débat au profit « d’exposés » qui donnait l’impression d’être « récités ». Mais c’est aussi la forme de l’émission qui a fait l’objet de critiques, les spectateurs regrettant le manque de temps imparti pour chaque candidat. Ainsi la sensation d’être resté « sur sa faim » et de n’avoir pas assisté à des « analyses en profondeur » a été dénoncée par certains. Ils ont reconnu que finalement, le format même de l’émission de TF1 – un débat à cinq – était contraignant et ne permettait pas aux candidats de « décortiquer et déconstruire le programme des autres » mais était jugé propice uniquement aux joutes verbales et aux « punchlines ».

Au final, les personnes interrogées affirment que le débat « n’a pas fait bouger les lignes », et qu’il n’aura que très peu d’impact sur le choix de leur candidat à l’élection présidentielle. Selon certains participants, il n’y a même aucun candidat qui ne « sort du lot » ou qui arrive à « être convaincant, ni tout à fait crédible ». Au mieux, ils ont été confortés dans leur décision de vote lorsque leur candidat de prédilection s’est montré à leur hauteur. Au pire, le débat a agi comme un répulsif en n’arrivant pas à  « enthousiasmer » les électeurs pour aller voter. Il n’en reste pas moins que ce premier débat a constitué une sorte de répétition pour les personnes interrogées qui attendent « les prochaines émissions » et la suite de la campagne pour voir si leur candidat favori continue à les séduire et ainsi voter pour lui.

Laure Salvaing & Françoise Lebas,
Kantar Public 

Source : Kantar Public

Notes de la rédaction

Suivi d'une communauté online d'une soixantaine de personnes, invitées à s'exprimer librement sur ce qu'elles pensent de l’actualité politique jusqu'aux élections de 2017. Cette communauté est réalisée en partenariat avec Krealinks.

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