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France Insights

Match Fillon/Juppé : avantage Fillon sur le fond et sur la forme

Cécile Lacroix-Lanoë

Directrice d'études, Kantar Public

Presidentielle 24.11.2016 / 18:00

fillon

Les réactions des citoyens face à la primaire de la droite et du centre : avantage Fillon sur le fond et la forme

Dans le cadre de notre communauté présidentielle 2017, réalisée en partenariat avec Krealinks, nous avons recueilli l’avis de citoyens sur la primaire de la droite et du centre. Sur cette plateforme, les participants sont invités à s’exprimer librement sur les sujets relatifs à la campagne présidentielle. Il s’agit d’un discours spontané, qui nous permet de connaître les éléments structurants de l’opinion à l’approche du deuxième tour de la primaire qui opposera Alain Juppé à François Fillon. 

Premier point, concernant la primaire en elle-même, pour laquelle il existe un vrai intérêt pour la primaire de la droite et du centre une vraie curiosité parmi nos répondants. Le principe en lui-même est salué : la primaire permet de « donner force et légitimité à l’heureux élu », « le nombre de votants a montré l'intérêt des Français pour ces primaires ». Cependant, cette primaire s’inscrit dans un contexte d’une certaine lassitude à l’égard des politiques (« on prend les mêmes et on recommence », « des personnalités qui seraient prêtes à recommencer leurs mêmes erreurs »).

Les débats ont été suivis, malgré la déception de certains quant à leur forme et aux sujets abordés, notamment pour le troisième : « c’était très désordonné », « les candidats ont combattu pour ne pas se laisser manipuler par les journalistes » qui « tentent de manipuler et de produire de la télé-réalité insupportable ». Dans ce cadre, l’attitude de François Fillon qui a « remis à sa place plusieurs fois l’animateur » est bien perçue.

La satisfaction domine concernant les résultats du premier tour, car celui-ci a permis d’éliminer Nicolas Sarkozy, personnalité qui crée des réactions exacerbées à son égard : « Sarko a enfin compris ce que tout le monde savait même dans son propre camp, plus personne ne souhaitait le voir sur la scène ».

Ces sentiments envers de l’ancien président de la République font que les résultats du premier tour ne créent qu’une semi-surprise. Pour les participants, le résultat du vote surprend les élites et les sondeurs mais moins les électeurs (« Encore un grand coup de pied au c... Aux sondeurs, médias, " élite",... Qui voulaient nous vendre le consensus et l'eau tiède. », « on peut se reposer une fois de plus la question de la qualité des sondages. »).

Le match Fillon/Juppé : avantage Fillon sur le fond et sur la forme

Parmi l’ensemble des candidats à cette primaire, François Fillon tire son épingle du jeu, tant sur le fond de son programme que sur son image. Son programme économique est spontanément cité, relié à l’austérité et au libéralisme ce qui lui attire chez certains le surnom de « Maggy Fillon » la comparaison avec la dame de fer illustrée par le journal Libération rencontrant un vrai écho, particulièrement à gauche. A droite, son programme est généralement perçu comme construit et courageux et attire plutôt des jugements positifs : « même s’il n’arrive à appliquer que la moitié de

son programme, ça fera du bien ». Il a l’image d’un « homme de droite assumée », qui ne « triche pas sur ses intentions », ce qui tranche avec Alain Juppé mais inquiète quant à une « dérive droitière et conservatrice de l’électorat » chez les répondants de gauche.

Sa droiture et son honnêteté sont salués et il remporte le match de la « virginité judiciaire » au détriment d’Alain Juppé et de Nicolas Sarkozy, véritable repoussoir pour beaucoup (« le rejet est massif, même dans son propre camp », « [Nicolas Sarkozy] n’aurait pas dû avoir la vantardise de se représenter »). Enfin, son expérience est louée, François Fillon apparait comme « un vieux routier de la politique », connaissant les rouages de l’Etat et pouvant être considéré comme le meilleur rempart face à Marine Le Pen, là encore au détriment d’Alain Juppé : « je voterai Fillon, car sa politique très droitière est, pour moi, le meilleur barrage contre Marine Le Pen ».

Alain Juppé, un candidat trop effacé ?

Les échos sur Alain Juppé sont moins positifs – et spontanément moins présents, le maire de Bordeaux suscitant moins de commentaires que son rival. Le fond de son programme émerge peu hormis un aspect « social » qui fait défaut à celui de François Fillon. Trois caractéristiques négatives ressortent très vite, d’abord son âge (« Papy Juppé », « il a passé l’âge »). De plus, son casier judiciaire est, comme pour Nicolas Sarkozy, un véritable écueil (« il a un casier judiciaire, ce qui devrait le mettre hors circuit immédiatement»). A son manque d’honnêteté, s’ajoute l’image d’un « Hollande de droite », peu capable de trancher, incarnant une « droite molle » (« il représente le flamby de droite »). La crainte de l’immobilisme n’est pas loin : son programme est décrit comme une « sagesse sociale et un futur immobile », ou « sans mesure énergique ».

Dans l’optique du deuxième tour, c’est donc, sans surprise, un consensus sur la victoire de François Fillon qui se dégage. Et les participants qui nous indiquent qu’ils iront voter dimanche se prononcent en faveur du député de Paris (« Je pense que ce sera François Fillon qui remportera cette primaire », « Dimanche, je voterai François Fillon », « je pense que M Fillon passera », « j'irai voter FILLON qui sera face à Marine et qui a toutes les chances d'être notre futur Président. »).

Source : Kantar Public

Notes de la rédaction

Suivi d’une communauté online d’une trentaine de personnes, invitées à s’exprimer librement sur ce qu’elles pensent de l’actualité politique jusqu’aux élections de 2017. Cette communauté est réalisée en partenariat avec Krealinks, leader mondial de la création de plateformes communautaires dédiées à l'engagement, aux études online et à l'innovation collaborative dans plus de 150 pays.

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