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France Insights

Philippe Rouyer : « Les films les plus réalistes sur le pouvoir en France sont basés sur le secret »

Sylvain Lefort

Directeur du contenu, Kantar TNS

Presidentielle 07.03.2017 / 11:00

Rouyer

Philippe Rouyer a enseigné le cinéma dix ans à Paris I. Il est critique de cinéma à la revue Positif à Psychologies Magazine, et chroniqueur régulier dans les émissions « Le Cercle » (Canal Plus Cinéma) et « Mauvais Genres » (France-Culture).

Pour nous, il revient en exclusivité sur l'image du Président et du pouvoir au cinéma. Cultures politiques et juridiques comparées entre France et États-Unis, rapport à l'Histoire, poids du droit à l'image, différences d'approches entre fiction et documentaire, tels sont les principaux thèmes de notre entretien.

A l'occasion des élections 2017, Kantar Sofres vous propose une série d'interviews d'experts afin de décrypter les discours des candidats et les enjeux de société de la campagne électorale.

Quelle est selon vous la principale différence d'approche entre les États-Unis et la France en matière de représentation de la politique au cinéma ?

D'abord, par rapport aux États-Unis, en France, on n'a pas du tout l'habitude de la politique-spectacle. Pour les Américains, la politique est un spectacle : il suffit de voir n'importe quelle investiture. Comparons leurs meetings avec les nôtres. Comparons les victoires aux primaires en France avec celles des Démocrates et Républicains : rien de comparable ! Chez nous, c'est le couvent à côté des grands-messes américaines ! De même, on n'imagine pas chez nous Alain Delon devenir président, comme Ronald Reagan ou au niveau fédéral, Arnold Schwarzenegger.

Il y a eu Yves Montand...

Oui, mais Yves Montand était connu pour son engagement. Même si on connaissait leur engagement républicain, ni Reagan ni Schwarzenegger n'ont milité comme Montand et Signoret au niveau international. L'autre point de différence, c'est nos rapports à l'Histoire. En France, on ne traite pas de l'histoire récente. Regardons le nombre d'années qu'il a fallu pour traiter de la guerre d'Algérie au cinéma. Aux États-Unis, la guerre du Vietnam était dès 1978, au coeur de Voyage au bout de l'enfer, 3 ans après ! En 1965, on est loin de voir l'équivalent en France avec la guerre d'Algérie – même si on a eu en 1964 Les Parapluies de Cherbourg, qui en traite de manière allusive. Il y a donc une pudeur à aborder les sujets récents, liés à une raison juridique : en France, le droit à l'image n'est pas du tout le même qu'aux États-Unis. J'ai compris cela en discutant avec Claire Simon, réalisatrice du Concours, un documentaire sur la Fémis. Pour tourner son film, elle a dû obtenir l'accord du directeur de la Fémis – normal. Pour chaque scène, elle a dû faire signer des accords aux candidats comme aux jurés. Certains ont refusé. Claire Simon en était très choquée : car ces enseignants sont payés sur des fonds publics, sur les deniers de l'Etat. Malgré cela, ils refusent d'être filmés dans l'exercice de leurs fonctions. C'est un comble ! A l'inverse, quand le documentariste américain Frédéric Wiseman filme une institution publique, il n'a pas à demander d'autorisation. Dès l'instant où les fonctions sont publiques et sont du ressort de l'Etat, les personnages filmés n'ont pas à faire jouer leur droit à l'image. C'est la loi ! Il y a donc de fortes différences entre les États-Unis et la France. Quand on représente le Président, c'est soit une fiction, soit la réalité. Si c'est la réalité, se pose la question du droit à l'image.

Pour en revenir aux États-Unis, il y a donc le facteur politique spectacle qui joue. Mais n'oublions pas qu'il y a eu beaucoup de présidents assassinés : Lincoln, JFK. En ce qui concerne JFK, il y a le fameux documentaire Zapruder. Un film d'un traumatisme inouï, qui a capté le moment où le Président se faisait assassiner ! Ces quelques images filmées par un amateur ont infusé tout le cinéma américain des années 70. Notamment tout ce qui tourne autour de l'idée de complot et de questionnement sur la vérité des images.


En plus, certains présidents, comme J. F. Kennedy, ont intégré dans leur staff des cinéastes, comme John Frankenheimer ou Franklin J. Schaffner.

C'est de la politique spectacle ! Le premier débat télévisé de la présidentielle américaine entre Nixon et Kennedy, c'est Arthur Penn qui le dirige (réalisateur de Bonnie and Clyde et de Little Big Man, ndlr). En France, ce ne sont pas des réalisateurs de cinéma. Mais chacun des staffs dispose de son réalisateur. Le montage d'une émission en direct est très important. L'effet Koulechov peut jouer à plein dans ces moments de direct.

Et quid de Donald Trump ?

Ce qui est étonnant, c'est que Trump apparaissait déjà, dans son propre rôle, dans des films de fiction, avant de de devenir Président ! Maintenant, il passe de la TV réalité à la Maison Blanche. On aura sûrement des fictions, mais qui seront aux ordres. Je ne serais pas étonné qu'il lance lui-même des films sur sa personne. Voire qu'il joue lui-même son rôle.


Et qu'en est-il des autres pays européens ?

On oppose souvent France et États-Unis, mais dans le reste de l'Europe, c'est pire ! En Angleterre, mis à part The Queen, il n'y a pas grand-chose sur le pouvoir. En Italie, il y a ce film incroyable de Sorrentino sur Giulio Andreotti, Il Divo.

Et Francesco Rosi !

Oui, mais on n'y voit jamais le pouvoir : on y voit les juges, la police, les potentats régionaux. C'est comme Yves Boisset en France ! Cadavres Exquis et Le Juge Fayard sortent quasiment en même temps ; ils représentent la Justice. Main Basse sur la ville, c'est comment une mairie s'immisce dans des tractations immobilières. Cadavres exquis, ce sont les ramifications de la justice. Lino Ventura est stoppé dans sa quête de vérité, comme Yves Montand dans I comme Icare.

L'Europe serait donc réticente à montrer l'exercice du pouvoir ?

Non, c'est l'inverse : il n'y a que les États-Unis pour le montrer de cette manière ! On n'a pas plus de films africains qui montrent l'exercice du pouvoir. Les États-Unis sont une nation jeune, composée de self made men. En France, il y a des choses qui ne se disent pas... Pendant très longtemps, on ne parlait ni de religion ni de politique à table en famille.

C'est ce qui explique pourquoi la représentation du pouvoir en France est souvent prise en charge par le documentaire, et non par la fiction ?

Oui ! Le documentaire vient même renforcer la fiction. Dans L'Ordre et la morale, sur le drame d'Ouvéa, plutôt que de faire une reconstitution, Mathieu Kassovitz reprend des images d'archives du débat Mitterrand-Chirac de 1988. Les archives donnent paradoxalement plus de poids au propos de Kassovitz qu'une reconstitution. C'est beaucoup plus fort qu'un sosie de Mitterrand ou de Chirac. Il faut néanmoins ajouter que dans le cas de documentaire sur le pouvoir, on laisse aux politiques un droit de regard sur les scènes dans lesquelles ils jouent. Les deux films de Patrick Rotman sur François Hollande, par exemple, ce sont des pactes. Dans le cas de Partie de campagne de Depardon sur la campagne Valéry Giscard d'Estaing en 1974, c'est un peu différent : Giscard a interdit le film ! Il n'est sorti que 30 ans plus tard.

Quelle est la raison précise pour laquelle VGE a interdit si longtemps Partie de campagne ?

Il trouvait que ça donnait une image défavorable de sa personne. C'est sidérant. Le film de Joël Santoni, Les Oeufs brouillés, s'inspire aussi de VGE, quand il allait dîner chez des Français.


La difficulté de la fiction à prendre en charge la représentation du pouvoir actuel est donc liée à une trop forte proximité temporelle ?

Oui. On délègue la vérité vraie au documentaire. Quand Hollande se laisse filmer par Rotman ou Giscard par Depardon, chaque jour est une négociation. Ce qui peut se concevoir. Pareil pour la justice : sauf exception, vous ne pouvez ni filmer, ni photographier. Du coup, il est normal que le cinéma contemporain ait du mal à filmer le pouvoir en France. Comme aux États-Unis, nous aussi, on a l'arme atomique. Nous aussi on pourrait faire des fictions avec l'arme atomique ! Les Américains font Independance Day dans lequel leur Président shoote des aliens avec une canette de Coca-Cola ! Imaginez un film français pareil ?! Impossible d'imaginer Mitterrand, Hollande ou Chirac canarder des extra-terrestres ! Qu'est-ce qui nous reste ? Les politiques-fictions, comme Le Candidat, d'Yvan Attal ; Le Président, de Albert Dupontel ou celui de Henri Verneuil. Ou des comédies : La Gueule de l'autre, de Pierre Tchernia, avec Michel Serrault ; Les Oeufs brouillés, de Joël Santoni ; Les Chinois à Paris de Jean Yanne, avec Bernard Blier comme Président.

On est dans la satire...

Oui, on est dans la distance. Pensez aussi au seul film qui se passe à l'Assemblée nationale : Une nuit à l'Assemblée nationale, de Jean-Pierre Mocky ! Là encore, on est dans l'irrévérence, avec les naturistes qui pénètrent dans l'Hémicycle. Autre option : la métaphore. Pensez à Pater, d'Alain Cavalier. Pater, c'est une réflexion sur le pouvoir. C'est la transposition de la relation réalisateur-acteur à celle de Président-Premier ministre. On reste dans un jeu, dans le registre de l'intellectualisation.

Ca se déverrouille un peu depuis une dizaine d'années, non ?

Oui, mais il faut noter que tous les films sortis depuis 10 ans fonctionnent sur le même registre : L'Exercice de l'État, de Pierre Schoeller, se focalise davantage sur le point de vue psychologique d'un ministre que sur la réalité – difficile d'imaginer un vrai ministre embaucher un chômeur pour chauffeur et lui rendre visite sans garde du corps le soir dans sa caravane ! Impossible d'imaginer cela au sein de la République française ! Le film le plus proche des mécanismes du pouvoir politique, c'est Le Grand jeu, de Nicolas Pariser (2016, avec André Dussolier et Melvil Poupaud). C'est le plus exact, le plus fidèle. Mais coïncidence : à aucun moment, l'action ne se passe à l'Elysée ! L'exercice du pouvoir s'y effectue ailleurs, dans les cafés, les restaurants, les librairies, où on morcelle sa parole. C'est le seul côté qui soit représenté de manière réaliste au cinéma. Cela renvoie à ce que tout le monde pense de la politique, c'est-à-dire que peu de choses se jouent à l'Elysée ; à aucun moment, on ne voit le Président comme un donneur d'ordre. Tous ces films en fait pourraient tous s'appeler L'Exercice du pouvoir : comment le pouvoir fonctionne, sur quels rouages il s'appuie.


Ces films sont également tous construits sur des intrigues qui tournent autour de la notion de secret.

Oui, et c'est très intéressant. Les films les plus réalistes sur le pouvoir en France sont basés sur le secret. C'est très révélateur, car ça rejoint cette idée de ne pas représenter – ou le moins possible.

On peut penser aux films qui traitent de la personnalité de François Mitterrand.

Oui. Le Promeneur du Champ de Mars, d'abord. C'est un film passionnant, notamment par rapport au genre du biopic : on s'y libère de l'idée d'avoir un sosie. Michel Bouquet, qui incarne François Mitterrand, n'est pas un sosie de Mitterrand. Et pourtant ! Passé les 5 premières minutes au cours desquelles on ne voit que Michel Bouquet jouer Mitterrand, on a l'impression de voir Mitterrand. L'intensité du jeu fait qu'on dépasse la recherche de la ressemblance physique. Ce qui est encore plus intéressant, c'est qu'on n'y voit pas Mitterrand à l'Elysée. On l'y entrevoit à peine. Le Bon plaisir, ensuite. Aujourd'hui, on voit le film avec cette histoire d'enfant caché. Attention à l'illusion rétrospective ! Replongeons-nous dans la presse de 1983, quand sort le film. Personne ne connaît la double vie de Mitterrand. Les commentateurs soulignent le fait que le scénario est signé Françoise Giroud, qui avait été ministre sous Giscard d'Estaing. Et donc, que l'histoire du film est celle de Giscard ! Qu'on ait pu confondre à ce point les deux Présidents, ça révèle combien l'intrigue est distante de la réalité. Regardez Claude Chabrol : quand sort son film Les Noces rouges, la justice le saisit. Pour la raison que les personnages dont se sont inspirés Chabrol et son scénariste sont alors en pleine procédure judiciaire. L'affaire n'est alors pas finie d'être jugée. Le film est donc mis sous séquestre. Autrement dit, tant qu'une affaire n'est pas jugée, on ne peut pas en faire un film. Cet arrêt en terme de jurisprudence a eu un impact énorme : impossible de sortir un film tant qu'une affaire n'est pas jugée, il faut attendre un an ou deux. Donc, les producteurs ne vont pas se lancer sur des récits inspirés de faits en cours de jugement. Par conséquent, soit on se tourne vers la comédie et la fantaisie, soit on se tourne vers le biopic, mais encadré par les ayant-droits ou les héritiers. Danielle Mitterrand a dû entourer Guédiguian, comme Orlando a entouré la production du film sur Dalida !

Et quid de la figure de De Gaulle ?

Il faut se souvenir de ce que disait René Clément au moment du tournage de Paris brûle-t-il : « Je peux prendre un acteur pour incarner le diable, Hitler ; mais De Gaulle, non ». Il a pris des images d'archives. De Gaulle avait une espèce de sosie qu'on a vu dans L'Armée des Ombres ou Chacal. Or le seul raté de L'Armée des ombres, film que je vénère par ailleurs, c'est celui où on voit De Gaulle. Melville ne sait ni comment le filmer ou l'éclairer. Sinon, il y a La Carapate de Gérard Oury. Mais une fois de plus, on retombe dans la comédie. Reste Le Président, le film de Verneuil, avec Jean Gabin : il y incarne un Président du Conseil, pas de la République. C'est une représentation assez folklorique de la IIIe République. On se sent plus à l'aise dans ce cas avec Gabin qui fait du Gabin que de représenter le Président de la République.


Comment expliquer qu'un cinéaste comme Costa Gavras, pourtant cinéaste impliqué et engagé, ne soit pas allé plus loin dans la représentation du pouvoir politique contemporain ?

Oui, il s'est arrêté à Vichy avec Section Spéciale. Il y aurait beaucoup à dire sur la représentation de Vichy au cinéma. Là encore, c'est un documentaire, Le Chagrin et la pitié, en 1971, qui déverrouille notre représentation de l'Occupation. Jusqu'alors, toute la France était résistante. Le prototype du film sur la période, c'était Le Père tranquille, de René Clément. Souvenez-vous qu'en 1974, lorsque Louis Malle sort Lacombe Lucien, il y a une levée de boucliers ! On ne va pas remettre en cause le fait que de jeunes Français soient entrés dans la Gestapo, mais ce qui est remis en cause, c'est que ce personnage offre d'abord ses services à la Résistance; il en est refoulé et se tourne vers le camp d'en face. Les réactions sont ulcérées ! La presse de 1974 est déchaînée ! Quand on voit le film aujourd'hui, on n'a pas l'impression de voir un brûlot politique démentiel. Pour l'Algérie, il y a eu Avoir 20 ans dans les Aurès, en 1972, tout de suite interdit, évidemment. Mais il ne faut donc pas dire qu'en France on n'a rien fait. Yves Boisset, notamment, avec Le Juge Fayard. A l'époque, Boisset mettait en cause le SAC, le Service d'action civique, récupéré par Charles Pasqua. Il a fallu biper les passages à l'antenne à chaque fois qu'on évoquait le SAC. C'était une décision de justice. Et le film a été tourné tout juste après l'assassinat du juge Renaud, dont il s'inspire !

S'il y a autant de réticence à filmer le pouvoir, n'est-ce pas dû au fait que l'industrie cinématographique en est dépendante, au moins financièrement ?

Pas tant que ça ! Depuis 1984, l'industrie du cinéma est vendue à celle de la TV. La TV achète des films pour les mettre en prime time. Elle ne va acheter ni Massacre à la tronçonneuse, ni Le Cheval de Turin. Ce n'est pas cela qui plaira sur une chaîne grand public à 20h45 ! Les produits sont façonnés pour être diffusés dans ces cases. La gloire du cinéma français est d'exister en dehors de ces cases. Certes, vous avez l'avance sur recettes, et les aides automatiques du CNC. Tout le monde y a droit, sauf si vous produisez du violent ou du pornographique. Comme mécanisme sélectif, il n'y a guère que l'avance sur recettes. Et encore qui est puisé dans un fond de soutien qui n'est pas alimenté par l'Etat mais pas une redevance que payent les diffuseurs de films et par une taxe prélevée sur tous les tickets de cinéma. Il n'y a donc que très peu de proximité entre l'Etat et les oeuvres produites. Merci patron ne s'est de toute façon pas tourné avec l'avance sur recettes !

Nouveauté : cette année, on a eu au moins deux films qui représentent sans aucune ambiguité le FN.

Oui. Dans Ils sont partout, le film à sketches d'Yvan Attal, Valérie Bonneton et Benoît Poelvoorde incarnent un couple qui ressemblent aux Le Pen. Dans Chez Nous, de Lucas Belvaux, Catherine Jacob a une perruque blonde et se présente à Hénart... Ce personnage fonde un nouveau parti, parce qu'elle est fâchée avec son père, créateur du parti historique. On y retrouve André Dussolier dans un rôle de manoeuvrier, comme dans Le Grand jeu de Nicolas Pariser ! Il joue également dans Une affaire d'État d'Eric Valette. Pour représenter un homme de cabinet un peu barbouze, il faut désormais chercher André Dussolier !

Le film de Lucas Belvaux peut-il rencontrer le succès auprès du public ? Surtout en période électorale ?

Je suis très sceptique. Le problème c'est que Lucas Belvaux est prisonnier de son sujet. On n'y apprend rien. L'histoire d'amour qui s'y greffe est très maladroite. Et les seuls qui iront voir ce film sont des gens déjà convaincus. Entre les gens qui sont déjà convaincus et ceux qui ne veulent pas l'être, je ne vois pas où est la cible. Mais j'espère me tromper. J'apprécie la démarche de Belvaux et si son film marchait, d'autres pourraient aller plus facilement dans cette voie.

Quelles sont vos figures préférées de Président au cinéma ?

Michel Bouquet dans Le Promeneur du Champ de Mars. On y voit le Président dans son intimité et en représentation. Et le film ne cache pas ses sources : c'est bien le Président Mitterrand. J'aime également l'idée qu'on y représente un président frontalement. Dans Opération Corned Beef. par exemple, Le Président n'est qu'une ombre. On revient à l'idée de ces peintures ou films où on n'ose pas représenter le Christ. On le voit hors champ, de dos. On sait que c'est lui, mais on ne le voit pas pleine face.


Et dans le cinéma américain, quelles sont vos figures de Président préférées ?

Peter Sellers dans Docteur Folamour (Stanley Kubrick, 1964) ! Il y joue plusieurs rôles, dont un vrai Président, crédible : n'oubliez pas que quand Reagan est arrivé à la Maison Blanche, il a demandé où se trouvait la War Room (uniquement visible dans Docteur Folamour !). Il a cru que c'était vrai, alors que c'était un décor inventé de toutes pièces par Ken Adams pour Kubrick. Anthony Hopkins en Nixon dans le film d'Oliver Stone est également troublant. Finalement, les films américains avec les présidents sont souvent des fantaisies – pensez à l'autre film d'Oliver Stone sur George W. Bush, W. La dimension satirique y est fortement présente. Qu'avez-vous comme grands films américains avec des Présidents ? Votez Mc Kay ou Que le meilleur gagne, certes, mais qui portent sur la campagne. On a peu de grands films américains sur des figures de Présidents qui soient très satisfaisants. Ou alors sur de très anciens comme Lincoln. Mais là on est carrément dans le film historique. Comme on voit beaucoup de présidents dans des fictions américaines, on a l'impression qu'il y en a tout le temps. Mais quelle place y ont-ils ? Dernier exemple : dans Jackie, le film de Pablo Larrain. le président Kennedy est une anguille. On l'entrevoit à peine, il est relégué au second plan.

Interview réalisée par Sylvain Lefort

Source : Kantar Public

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