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France Insights

Primaires de la gauche : des élections déterminantes pour l'avenir du parti

Carine Marcé

Directrice associée, Kantar Public

Presidentielle 27.01.2017 / 16:00

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Interrogés avant et après le premier tour de la Primaire de la Gauche, les internautes de la communauté en ligne Krealinks – Kantar Public ont échangé leurs opinions sur leurs pronostics et leurs souhaits de victoire au premier et au second tour, et sur l’influence de la Primaire sur l’élection présidentielle.

La Primaire de la Gauche suscite un intérêt général des internautes, croissant depuis le premier tour. Mais loin d’être homogène, il prend des natures différentes et dépasse les questions initialement posées. Deux thèmes émergent : les enjeux de la Primaire de la Gauche et l’aptitude des candidats qualifiés au second tour à y répondre.

La Primaire de la Gauche : choisir une idée de la Gauche à défaut du prochain président de la République

Avant les candidats, c’est la finalité-même de la Primaire dont discutent tous les internautes, et un consensus se dégage : le vainqueur de la Primaire ne sera pas au second tour de la présidentielle. Et ce pour trois raisons :

  • La gauche n’est plus crédible après l’échec du quinquennat, et toute la Gauche, membres du gouvernement comme frondeurs, en subissent les conséquences.
     
    « Après ce quinquennat, ma méfiance demeure : le parti socialiste est une automobile qui met son clignotant à gauche et tourne à droite. »
     
  • Le vote de gauche se répartira entre J-L. Mélenchon, le candidat du PS et E. Macron, qui incarne le vote utile pour éviter une confrontation entre la Droite et l’extrême-Droite.
     
  • La faible participation à la Primaire et les soupçons de fraude, ne donneront pas de légitimité suffisante au candidat vainqueur pour espérer accéder au second tour de la présidentielle.

    « Je me pose même la question de l’utilité du vote de la semaine prochaine : nous sommes 44 millions d’électeurs selon l’INSEE, que pèse aujourd’hui le Parti socialiste ? »

Ainsi, pour nos internautes, la Primaire a une autre fonction : choisir celui qui portera le PS après la présidentielle. Ce choix se fait entre deux lignes déchirées du parti dans la perspective d’un avenir difficile pour le PS, dont l’existence et le rôle d’opposition sont questionnés. Ces lignes sont incarnées par Benoît Hamon et par Manuel Valls.

« Le choix s’est fait entre un candidat qui apporte des idées nouvelles : Hamon. Et d’un autre côté un candidat déjà bien connu qui a déjà gouverné et qui est donc plus rassurant pour beaucoup : Valls. »

Des regards très différents sur les deux candidats du second tour

Dans la perspective du second tour, Benoît Hamon et Manuel Valls sont évalués selon des critères différents.

Les soutiens de Manuel Valls font valoir une stature présidentielle sans citer son programme dans les commentaires laissés sur notre plateforme :

  • Le soutien à Manuel Valls est motivé par une stature présidentiellere posant sur deux éléments : une expérience du pouvoir et une volonté d’action. Selon ses soutiens, elle permettra de rivaliser avec les autres candidats à l’élection présidentielle voire en mineur d’être au second tour, alors que B. Hamon risquerait de se faire « phagocyter par Mélenchon ».

    « Valls a déjà l’expérience du pouvoir, il a une force d’action, il réagit vite : il faut que ça bouge ! »
     
  • Mais son programme n’est jamais cité en dehors de sa position sur le 49-3 qui est moquée. Les internautes lui associent toutefois une ligne « sociale-libérale », à « la droite de la gauche » qui permettra pour eux d’empêcher la fuite d’une partie du PS vers E. Macron. Ses détracteurs, eux, critiquent fortement le bilan du quinquennat actuel.

    « Il paye son bilan et ses positions foireuses (comment peut-on proposer de supprimer le –nécessaire- 49-3 après l’avoir autant utilisé et défendu bec et ongles ?) »

Les soutiens de Benoît Hamon se concentrent quant à eux sur le revenu universel et la « renaissance » de la Gauche sans évoquer la présidentielle :

  • Contrairement à Manuel Valls, Benoît Hamon est d’abord évalué à la lumière de son programme et de sa proposition phare, le revenu universel. B. Hamon incarne pour ses soutiens le retour nécessaire d’une gauche qui aide ceux qui en ont besoin après la déception du quinquennat, incarné par M. Valls, et a le mérite de lancer des débats « de gauche ». Mais le revenu universel est une ligne de clivage : ses détracteurs voient par là le projet d’un candidat « utopiste », ce qui déclenche en mineur une hostilité très agressive.

    « Une victoire de Hamon n’a pas la même valeur symbolique sur ce que doit devenir le Parti socialiste. Si l’on compte les voix de Hamon, celles de Mélenchon, de Montebourg, le « désir » de gauche d’une partie de l’électorat ne fait plus aucun doute »
     
  • Son rôle et sa place pendant la présidentielle ne sont pas abordés par ses soutiens. Ils n’imaginent à aucun moment le résultat de Benoît Hamon à l’élection présidentielle, qui semble avoir un intérêt secondaire. En mineur pourtant, et disant qu’ils savent bien les reproches qu’on lui fait sur son manque de stature présidentielle, les soutiens de B. Hamon objectent que la stature présidentielle n’est pas aussi importante que le programme ou qu’il a une stature présidentielle de même niveau que M. Valls.

    « Hamon n’a certes pas la carrure d’un chef d’Etat mais est-ce vraiment important ? Les idées doivent enfin l’emporter sur les apparences. »

Les points de comparaisons sont différents, les stratégies également : les internautes ne soutiennent pas M. Valls et B. Hamon de la même façon. A ce titre, les soutiens de Manuel Valls associent dans la grande majorité des cas leur préférence pour lui à  leur hostilité souvent exprimée à Benoît Hamon. Les internautes pro-Hamon ne font presque jamais part d’une hostilité à Manuel Valls, mais plutôt d’une déception générale à l’égard du quinquennat passé.

Finalement, à la veille du second tour de la Primaire, on observe un très grand équilibre entre les soutiens des deux candidats dans notre communauté.

Romain Weber
Chargé d'études,
Kantar Public


Notre communauté présidentielle 2017, réalisé en partenariats avec Krealinks, nous permet de recueillir les perceptions des électeurs à l’approche de la prochaine élection présidentielle.

Source : Kantar Public

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