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France Insights

Quand l’incertitude du scrutin plane sur les médias…

Chloé Bion

International News Editor, Kantar Media

Presidentielle 13.04.2017 / 09:45

Election

A moins de deux semaines du premier tour, plus d’un tiers des électeurs n’auraient pas encore arrêté leur choix.

C'est ce que l'on peut lire à la Une du quotidien Aujourd’hui en France. « Quatre français sur dix avouent être tentés par un vote blanc si celui-ci était pris en compte » écrit Anne Muxel du Cevipof dans Le Monde. Et selon les résultats du dernier sondage Ipsos / Sopra Steria publiés par Francetvinfo, « 67% des Français ressentent de la déception, du dégoût ou de la colère face à la campagne ». D’autant que, situation inédite, « ils sont quatre candidats à faire la course en tête et aucun n’est encore certain de se qualifier au second tour », écritLibération. Bref, les médias le savent : le résultat du scrutin est incertain et le risque d’abstention haut, ce qui risque de favoriser le Front National. Outre-manche, leGuardian souligne également le caractère imprédictible de cette élection… 

De nombreux journalistes tentent de comprendre les origines et possibles conséquences de cette incertitude mêlée de défiance. Pour Anne Muxel, ces chiffres sont« le signe du mécontentement qui couve face à une offre électorale et à une campagne jugées insatisfaisantes ». Par conséquent, comme le souligne Francetvinfo, seuls 66% des Français ont l’intention de voter le 23 avril prochain. Pour souligner ce sentiment, les journalistes de L’express se sont rendus à Sarcelles, dans le Val-d’Oise, où près du quart des inscrits ne s’est pas rendu aux urnes en 2012. Les habitants évoquent leur rejet de la classe politique et leur résignation : ils ne croient plus un instant que ces« vieux en costume-cravate » qui ont tous « des affaires aux basques » ne changent quoi que ce soit à leur situation. 

Et pourtant… Les français se passionnent pour les débats télévisés qui enregistrent des audiences record, ils se déplacent en masse dans les meetings, ils sont 47 millions à être inscrits sur les listes électorales et ils échangent activement sur les réseaux sociaux à propos de ….politique. 

Le quotidien Aujourd’hui en France met en exergue cette contradiction à la Une de son édition du 7 avril : « Oui les français aiment la politique ». Selon l’éditorialiste du journal, Jean-Marie Montali, ainsi que le politologue Thomas Guénolé, «ce n’est pas la politique que les français rejettent » mais les hommes politiques. 

Au final, la seule chose dont les médias semblent être certains, c’est que cette élection sera inédite. Dans une chronique pour la radio allemande ARD, Sonia Seymour Mikich constate que « les citoyens français sont divisés entre pauvres et riches, centre et périphéries mais ils sont unis dans leur désir de donner une leçon aux pouvoirs établis ». Dans son édito pourLe Parisien, Frédéric Vézard, lui, considère qu’« à force de réclamer un renouvellement profond de leurs dirigeants, les français vont avoir gain de cause. Tout incertain qu’il soit, le scrutin présidentiel désignera le 7 mai prochain un chef d’Etat inédit ».

 

Mais aussi …

 

La perspective d’un duel Mélenchon-Le Pen au second tour inquiète 

Le candidat de la France Insoumise faisant « désormais jeu égal avec Fillon dans les sondages » (Libération), la possibilité d’un second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen provoque de vives inquiétudes. Dans l’économie d’abord. Selon Les Echos et le Financial Times, l’hypothèse d’un duel entre les deux extrêmes de l’échiquier politique fait monter les taux sur les marchés, les investisseurs regardant l’ascension de Mélenchon d’un mauvais œil. A l’étranger ensuite, le Wall Street Journal el le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung observent les similarités entre les deux candidats, leur rejet commun de l’UE, leur critique de la mondialisation et leur opposition à l’économie libérale. Pour Stefan Ulrich, éditorialiste pour leSüddeutsche Zeitung, un second tour Le Pen-Mélenchon serait tout simplement « un cauchemar pour l’UE ». 

Le second débat met en lumière les “petits” candidats 

Au lendemain du second débat de la campagne présidentielle, Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, François Asselineau, Jean Lassalle et  surtout Philippe Poutou sont à la une des journaux. Selon Libération, ils ont « cassé les codes d’une discussion formatée » et pour Le Monde, il s’agit de « la revanche des petits candidats contre les gros, quand les favoris s’économisent eux brûlent leurs vaisseaux ». La presse étrangère, elle, semble les découvrir. The Times publie un article aux faux airs de fable de La Fontaine intitulé « L’astronaute, le berger et le gauchiste ». Mais la vraie « star de la soirée » (Le Parisien), c’est Philippe Poutou. The Independent consacre un article à l’ouvrier de Ford qui « a volé la vedette » à ses adversaires au cours du débat. Sa tirade sur l’immunité ouvrière lors de son échange avec Marine Le Pen sur les soupçons d’emplois fictifs au FN est considérée comme « le clou du spectacle » par Le Parisien et « la flèche la plus acérée » du débat selon Le Figaro. L’intervention du candidat anticapitaliste a également été largement saluée sur les réseaux sociaux.

 

 La campagne officielle est lancée

Depuis lundi 10 avril, la campagne officielle de la présidentielle a été officiellement ouverte. Qu’est-ce que ça change exactement ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les sites europe1.fr et francetvinfo.fr dans des articles pédagogiques. Le quotidien parisienAujourd’hui en France a de son côté préféré aller à la rencontre des manutentionnaires chargés de coller les affiches des candidats sur les panneaux officiels ainsi que des équipes du CSA qui contrôlent leur temps de parole à la seconde près. 

Source : Kantar Media

Notes de la rédaction

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