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France Insights

Facebook entre en guerre contre les Clickbaits

Emilie Lhoste

Consultante Médias

Digital 16.08.2016 / 11:00

Facebook

Au cœur de l’été, le géant de Menlo Park a annoncé un nouveau changement de son algorithme, dans le but de lutter plus efficacement contre « les contenus attrape-clic ».

Une équipe de Facebook a analysé des milliers de titres pour détecter les tournures de phrases les plus utilisées et ainsi créer des modèles capables de reconnaître la pratique du clickbait. Les pages ou les sites fréquemment « coupables » seront pénalisés et ne seront plus visibles pour les utilisateurs.

Reste à savoir si cet énième changement produira les résultats escomptés. En effet, les sites spécialisés pourraient s’adapter pour tromper l’algorithme, compromettant en partie les efforts de la firme de Mark Zuckerberg. De son côté, Le Monde souligne que ce changement d’algorithme est une « démonstration supplémentaire » de l’influence de Facebook sur les contenus proposés par les sites.

Le nouvel algorithme se concentrant désormais sur la syntaxe des textes publiés, cela pourrait également poser un problème plus crucial : et si la plateforme décidait d’écarter les titres avec des questions jugés trop elliptiques ou anxiogènes ?

Adam Mosseri, le vice-président de Facebook en charge des produits, tente d’écarter ces inquiétudes légitimes. Dans un entretien à TechCrunch, il explique que « si vous postez cinquante fois par jour et qu’il y a un piège à clic parmi tous les articles, cela ne devrait pas avoir d’effet sur vous », alors que « si vous êtes un spammeur et que vous faites du clickbait toute la journée, cela affectera sérieusement votre trafic ».

Généreux, Facebook serait même prêt à partager ses bonnes pratiques en la matière avec d’autres entreprises qui souhaitent lutter contre le fâcheux clickbait.

Nouvelle offensive contre les bloqueurs de pub

Dans le même temps, Facebook continue à défendre sa poule aux œufs d’or, à savoir les revenus publicitaires. L’entreprise vient de faire savoir que ses publicités s’afficheront même si les bloqueurs de publicité sont activés. À cet effet, l’entreprise a changé l’HTML de ses contenus publicitaires, pour que les logiciels ne les distinguent pas des autres types de contenus.

Les internautes désireux d’éviter les annonces publicitaires en ligne seront donc obligés de continuer de les voir sur Facebook, du moins sur leur ordinateur. Adblock Plus, un des principaux acteurs du secteur, a vivement critiqué cette initiative, la jugeant « anti-utilisateur ».

La publicité sur desktop représente encore une source de revenus importante pour Facebook, avec 1 milliard de dollars engrangé rien que pendant le dernier trimestre ! De plus, comme le souligne TechCrunch, l’entreprise est en mesure de proposer un service 100% gratuit grâce à ces mêmes revenus publicitaires, tout comme des éditeurs tels que le New York Times, Forbes et Wired, qui sont, eux aussi, vent debout contre les bloqueurs de publicité.

Toutefois, le réseau social a promis que les internautes auraient désormais plus de contrôle sur ce qui apparaît sur leur fil d’actualité, notamment à travers le menu « préférences publicitaires ». Recode anticipe toutefois que la plupart des utilisateurs n’auront ni le temps, ni l’envie de les personnaliser.

Source : Kantar Media

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