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France Insights

Baromètre 2017 de la confiance des Français dans les media

Carine Marcé

Directrice associée, Kantar Public

Digital 02.02.2017 / 08:00

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Depuis 1987, le baromètre annuel de la confiance des Français dans les media réalisé pour La Croix par Kantar Public, évalue les moyens d’information des Français, la crédibilité qu’ils leur accordent et le traitement médiatique des événements de l’année écoulée.

Pour son 30e anniversaire et dans une année présidentielle, cette vague est riche en enseignements.

L’intérêt pour l’actualité et la crédibilité des media : des niveaux au plus bas

L’intérêt pour l’actualité est très faible pour une année présidentielle : 64% des Français seulement suivent les nouvelles données par les moyens d’information avec intérêt, contre 36% avec un intérêt assez faible ou très faible. En baisse de 6 points, l’intérêt est à son niveau le plus bas depuis 1987 et est loin des précédentes années présidentielles, en 2012 (70%) et en 2007 (75%).

La confiance dans l’information relayée par les media chute elle aussi, mais la hiérarchie des media les plus crédibles demeure. Ainsi, la radio reste le media qui fournit l’information la plus fidèle à la réalité, et le seul crédible aux yeux d’une majorité de Français : 52% estiment que les choses se sont passées vraiment ou à peu près comme elle les raconte (-3 points). Le journal et la télévision accusent, eux, une baisse importante de leur crédibilité, à 44% (-7 points) et 41% (-9 points) : pour plus d’un Français sur deux (55%), il y a des différences ou les choses ne se sont pas passées du tout comme la télévision les raconte. Quant à Internet, 26% seulement des Français font confiance à l’information qu’il relaye, contre une majorité (52%) qui ne la juge pas crédible, retrouvant son niveau de 2006.

L’utilisation d’Internet toujours plus paradoxale

Les pratiques d’information changent : Internet progresse malgré la méfiance à son égard. En effet, l’utilisation de la télévision pour s’informer sur l’actualité baisse : elle concerne moins d’un Français sur deux (48%), 6 points de moins qu’en 2016. La télévision subit ainsi la défiance à l’égard des chaînes d’information en continu, source d’approfondissement de l’actualité de 30% des Français, en baisse de 14 points. C’est Internet qui bénéficie de ce changement : il est le moyen d’information principal d’un quart des Français, en hausse de 5 points, alors même que sa crédibilité est la plus faible de tous les media. Sur internet, les sites et applications mobiles de la presse écrite et les réseaux sociaux prennent une place grandissante : respectivement 22% (+7 points) et 9% (+6 points) des Français en font leur moyen principal pour approfondir l’actualité. Pour autant, les journaux télévisés des grandes chaînes généralistes restent de loin la source d’approfondissement de l’actualité préférée des Français (56%, -3 points).

Ce paradoxe est illustré par l’exposition et la croyance dans des rumeurs relayées sur Internet. Alors que près des trois quarts des Français (73%) n’ont pas confiance dans les informations qui circulent sur les réseaux sociaux et que 83% des utilisateurs des réseaux sociaux disent y avoir déjà repéré des fausses nouvelles ou des rumeurs, certaines « intox » sont vraies pour une grande partie des Français. Parmi elles, celles liées à l’immigration et créées par la « fachosphère » sont les plus ancrées. Ainsi, la réservation par l’Etat de 77 000 HLM pour l’accueil des familles de migrants est une information vraie pour 39% et fausse pour 39% également. De même, les subventions des maires de villes de province pour faire venir des personnes étrangères de Seine-Saint-Denis est une information vraie pour 38% des Français, contre 31% pour qui elle est fausse.

Une correspondance entre les événements dont les media ont trop parlé (ou parlé comme il faut) selon les Français et ceux qui ont bénéficié d’un impact médiatique important

Les attentats de Bruxelles et de Nice, et la non-candidature de François Hollande à l’élection présidentielle sont les sujets les mieux traités selon les Français : deux tiers d’entre eux (67%, 66% et 65%) estiment que les media en ont parlé comme il fallait, même s’il s’agit de sujets surexposés selon Kantar Media : les attentats de Bruxelles et de Nice sont les événements dont les Français ont le plus entendu parler (3 854 et 4 880 unités de bruit médiatique (UBM).

A contrario, le burkini, le braquage de Kim Kardashian et l’élection présidentielle aux Etats-Unis sont les trois événements dont les media ont trop parlé, pour 62%, 62% et 55% des Français. L’affaire du burkini a été médiatiquement surexposée (559 UBM) et il est à noter que la sous-exposition médiatique affichée du braquage de Kim Kardashian (305 UBM) est à additionner avec l’écho que cet événement a eu sur les réseaux sociaux. L’élection présidentielle aux Etats-Unis a quant à elle été un événement beaucoup plus exposé, avec 3 820 UBM, dont 1 000 UBM en 24 heures le jour de l’élection de Donald Trump.

Seul événement surexposé, avec 581 UBM, dont les medias n’ont pas assez parlé, pour 37% des Français, les manifestations de policiers font figure d’exception parmi les événements marquants de 2016.

Voir l'ensemble des résultats ci-dessous :

Source : Kantar Public, Kantar Media

Notes de la rédaction

Étude Kantar Sofres / Kantar Media réalisé en face-à-face du 5 au 9 janvier 2017, pour La Croix, auprès d'un échantillon national de 1011 personnes représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne de référence) et stratification par région et catégorie d'agglomération.

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