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France Insights

Baromètre 2017 d'image du Front National

Carine Marcé

Directrice associée, Kantar Public

Politique 07.03.2017 / 06:00

front-national

Notre enquête Kantar Sofres-OnePoint pour Le Monde et Franceinfo montre une légère dégradation de l'image du Front National.

A quelques semaines du 1er tour de l’élection présidentielle et alors que Marine Le Pen est en tête des intentions de vote, les résultats de notre baromètre annuel Kantar Sofres-One Point d’image du Front national pour France Info et Le Monde permettent de comprendre la dynamique actuelle de ce parti et de son leader, mais aussi les limites auxquels il est aujourd’hui confronté.

Un tiers des Français (33%) déclare aujourd’hui être en accord avec les idées défendues par le Front national. Cette proportion, supérieure à celle que l’on enregistrait quand Jean-Marie Le Pen présidait le parti, est stable depuis l’accession de Marine Le Pen à la tête du Front national.

De fait, un certain nombre d’opinion ou de mesures, traditionnellement défendues par le Front national, trouvent un écho dans une part parfois importante de la population.

Dans le contexte de la menace terroriste et de la prolongation de l’état d’urgence, les Français apparaissent toujours préoccupés par l’ordre et la sécurité de leur pays et sont en attente de fermeté : 72% des Français interrogés estiment que « les djihadistes français binationaux devraient être déchus de leur nationalité française » (stable par rapport à l’an dernier), 70% qu’ « il faut rétablir le service militaire en France » (-3 pts) et 67% que « la justice n’est pas assez sévère avec les petits délinquants » (-3 pts). 59% des Français jugent par ailleurs qu’ « il faut donner plus de pouvoir à la police » (en recul toutefois de 6 points dans le contexte de « l’affaire Théo ») et 52% qu’ « on accorde trop de droits à l’Islam et aux musulmans de France ».

Le léger recul que l’on observe cette année de l’adhésion à ces propositions est surtout le fait des sympathisants de gauche – qui dans un contexte de campagne présidentielle et de re-mobilisation des clivages habituels se disent moins en accord avec ces marqueurs de la droite. En revanche l’adhésion des sympathisants Front national à ces opinions est toujours très massive, voire se renforce.

Toutefois, deux idées phares du projet de Marine Le Pen ne sont approuvées que par une minorité des Français :

  • La préférence nationale en matière d’emploi n’est défendue que par 21% des Français, contre 76% qui pensent qu’il n’y a pas de raison de faire de différence entre un Français et un étranger en situation régulière. De manière frappante, même auprès des sympathisants FN, seule une courte majorité (53%) estime qu’il faut donner la priorité à un Français en matière d’emploi.
  • C’est aussi le cas de l’abandon de l’euro : seuls 22% des Français pensent qu’il faut supprimer l’euro et revenir au franc (-4 pts). Si cette opinion est majoritaire – et progresse – auprès des sympathisants (64%, +11pts) elle n’est défendue que par une minorité des sympathisants LR (11%). Cette proposition peut à ce titre constituer un frein au vote pour le Front national chez un certain nombre d’électeurs.

Les résultats de notre baromètre montre que le Front National reste dans une certaine dynamique de conquête, après les succès électoraux enregistrés aux européennes de 2014 et aux régionales de 2015.

  • La part des Français qui disent n’avoir jamais voté pour le Front national mais envisager de le faire progresse ainsi par rapport à l’an dernier et atteint 12%, bien supérieur aux 3% qui disent avoir déjà voté pour ce parti mais ne pas vouloir le faire à l’avenir.
  • Dans sa stratégie de séduction électorale Marine Le Pen peut à cet égard s’appuyer sur un certain nombre d’atouts qui lui sont reconnus par une part significative des Français : 80% estiment qu’elle est volontaire (+1), 69% qu’elle est capable de prendre des décisions (+2) et 49% qu’elle comprend les problèmes quotidiens des Français (+1).
  • Parallèlement la part des Français qui disent adhérer aux constats exprimés par Marine Le Pen et aux solutions qu’elle propose (16%) progresse sans discontinuer depuis 2011 (+9 pts en 6 ans) tandis que ceux qui disent adhérer aux constats mais pas aux solutions est relativement stable (30%). C’est donc au final 1 Français sur 2 qui dit adhérer aux constats faits par la Présidente du Front national.

Malgré cela, le « plafond de verre » qui empêche jusqu’ici les candidats du Front national d’être élus à des fonctions exécutives importantes semble se maintenir.

  • La stratégie de « dédiabolisation » du FN engagée par Marine Le Pen semble en effet trouver ses limites : 58% des Français interrogés affirment ainsi que le FN représente un danger pour la démocratie en France – soit une progression de 11 points en 4 ans. Et 49% d’entre eux pensent par ailleurs que Marine Le Pen est la représentante d’une droite nationaliste et xénophobe (+2 pts en 1 an) (contre 40% qu’elle incarne une droite patriote attachée aux valeurs traditionnelles).
  • Une autre difficulté apparaît à Marine Le Pen : seule une minorité de Français pensent désormais qu’elle est capable de rassembler au-delà de son camp (42%, - 14 points en 2 ans). Parallèlement seulement 24% estiment qu’elle ferait une bonne présidente de la République (+2pts) et 28% qu’elle est honnête et inspire confiance (=).
  • Le FN n’est donc toujours pas aux yeux des Français un parti « comme les autres » et la digue établie entre Les Républicains et le FN paraît toujours justifiée pour une majorité de Français – et de sympathisants Les Républicains. La part des Français qui pensent que Les Républicains doivent d’abord combattre le FN atteint ainsi 28% (+10 points en 4 ans). Si les sympathisants Les Républicains se montrent plus partagés – 38% pensent que des alliances avec le FN sont souhaitables – une majorité d’entre eux (55%) continue d’être hostile à tout accord politique avec un parti qui apparaît dans cette année électorale d’abord comme un adversaire.
  • Au total, si 33% des Français souhaitent que Marine Le Pen soit présente au 2nd tour de l’élection présidentielle à venir (et 76% pensent que ce sera d’ailleurs le cas) ils ne sont que 19% à souhaiter qu’elle remporte l’élection contre 75% qui ne le veulent pas.

Voir l'ensemble des résultats ci-dessous : 

Source : Kantar Public

Notes de la rédaction

Étude Kantar Sofres-OnePoint réalisée en face à face, du 23 au 27 février 2017, pour Le Monde et France Info, auprès d'un échantillon de 1006 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne de référence) et startification par région et catégorie d'agglomération.

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