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France Insights

S'occuper de sa famille, plus dur qu'il y a 30 ans ?

Emmanuel Rivière

Directeur France

Société 19.09.2016 / 16:00

family20160919

L'étude Kantar Sofres réalisée pour l'ADMR révèle que 2/3 des Français estiment qu’il est plus difficile de s’occuper de sa famille aujourd’hui qu’il y a 30 ans.

L'enquête souligne la difficulté à s’occuper de sa famille dans le contexte actuel, décrypte les besoins des Français en matière de services à la personne et relève des attentes vis-à-vis des pouvoirs publics. 

Principaux enseignements :

- Malgré des évocations très positives autour de la famille, les 2/3 des Français estiment qu’il est plus difficile de s’occuper de sa famille aujourd’hui qu’il y a 30 ans.

- 63% d'entre eux disent ne pas se sentir prêts à affronter seuls une situation compliquée (naissance multiple, maladie grave d’un enfant ou perte d’autonomie d’une personne âgée) et ne pas être sûrs de pouvoir compter sur la solidarité familiale.

- Les principaux besoins exprimés en matière de services à la personne portent sur l’aide à la vie quotidienne et les soins, avec des attentes fortes sur le développement de services innovantspour les personnes dépendantes et la garde d’enfants.

Des difficultés croissantes pour s’occuper de sa famille

Les deux tiers des Français (65%) considèrent que s’occuper de sa famille est aujourd’hui plus difficile qu’il y a 30 ans. L’aggravation de la situation financière des ménages est la première cause identifiée à ces difficultés croissantes : 56% des répondants évoquent l’augmentation du chômage et de la précarité et 54% la baisse du pouvoir d’achat. La perte des valeurs traditionnelles (46%) et la montée de l’individualisme (46%) n’arrivent que dans un second temps dans la hiérarchie des causes citées par les personnes interrogées, avec l’éloignement géographique des différents membres d’une même famille (45%), le fait que les deux parents travaillent (42%) ou le coût du logement (42%). Le développement de nouvelles formes de famille est moins évoqué (30%).

A l’inverse, quand on demande aux personnes interrogées les éléments qui ont facilité le quotidien des familles dans les dernières décennies, le développement des services à domicile arrive en première position (50%), devant le développement des structures d’accueil, telles que les crèches ou les maisons de retraite (44%). Ces facteurs sont plus souvent mentionnés que le développement des nouvelles technologies (36%), l’allongement de l’espérance de vie (34%), l’augmentation du temps libre (34%) ou le développement de nouvelles formes de familles (22%).

Une action des pouvoirs publics jugée insuffisante et une solidarité familiale en déclin

L’action des pouvoirs publics en faveur de différents publics en difficulté est jugée déficiente par les personnes interrogées. Ainsi, seuls 21% considèrent que l’action publique en faveur des personnes âgées isolées est suffisante (contre 78% d’avis inverse), 23% seulement pour l’action en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie (contre 77%), 25% concernant l’action en faveur des personnes en situation de handicap (contre 75%) et 33% s’agissant des personnes malades (contre 66%). Les jugements sont moins sévères concernant la famille, mais un Français sur deux considère toutefois que l’action des pouvoirs publics à l’égard des familles est insuffisante (52%). Enfin, 47% pensent que les pouvoirs publics n’agissent pas suffisamment en faveur de la petite enfance et 46% en faveur des familles monoparentales.

En cohérence avec les résultats précédents, les répondants estiment donc majoritairement (78%) que les pouvoirs publics n’aident pas assez les familles qui se trouvent confrontées à des situations qui rendent plus compliqué leur quotidien (naissance multiple, personnes en situation de handicap, maladie grave d’un enfant…). Dans le même temps, ils considèrent, dans une proportion identique, que les différents membres d’une famille sont de moins en moins solidaires face à ce type de situation (77%) et près des deux tiers des Français (63%) ne se sentent personnellement pas prêt à faire face seul à un tel événement.

Face à des difficultés familiales, les principaux besoins des membres d’une famille sont l’accompagnement, les soins et le temps

Face à la maladie grave d’un enfant, les principaux besoins identifiés sont du temps pour permettre à une personne de la famille de s’occuper de l’enfant (58% de citations) et des soins à domicile (49%). Dans le cas d’une naissance multiple, c’est l’accompagnement dans les tâches de la vie quotidienne qui est perçu comme le premier besoin (58%) suivi de temps pour permettre à une personne de la famille de s’occuper des enfants (49%). Dans le cas d’une personne en situation de dépendance, c’est de nouveau l’accompagnement dans les tâches de la vie quotidienne qui arrive en tête des besoins identifiés (58%), associé à un besoin de soins (54%).

L’association de services à la personne apparaît comme l’organisme le plus adapté pour accompagner en cas de difficultés familiales

Les principales attentes à l’égard d’une personne qui intervient à domicile, pour une garde d’enfant, du ménage ou des soins, sont le professionnalisme (70% de citations) et l’honnêteté (68%). Dans une moindre mesure, les personnes interrogées citent également largement la fiabilité (57%), ainsi que la politesse et le respect (53%). La mise en confiance (44%), l’écoute (37%) et la ponctualité (35%), sans être négligées, apparaissent plus secondaires aux yeux des répondants.

L’association de service à la personne apparaît comme le type d’organisme le mieux à même de répondre à ces attentes,55% des interrogés trouvant que ce type d’organisme est le plus adapté, devant les services publics (19%), une personne travaillant à son compte (15%) et une entreprise privée (11%).

Le développement de l’aide à la personne plébiscité

Les attentes concernant le développement des services d’aide à la personne à l’avenir sont fortes. Ainsi, 89% des Français considèrent qu’il est souhaitable de développer l’aide aux aidants (aide dans les tâches ménagères, prise en charge ponctuelle de la personne dépendante,…), 88% l’habitat intermédiaire pour les personnes âgées (logement individuel adapté avec accès à des services : animations, soins à domicile, livraison de repas…) et 87% le transport accompagné pour les personnes ayant des difficultés à se déplacer. Les solutions innovantes pour accompagner les personnes âgées sont également largement considérées comme devant être développées à l’avenir : 86% des Français souhaitent l’essor de la téléassistance pour les séniors et 84% celui des solutions domotiques. Par ailleurs, huit Français sur dix estiment également souhaitable de continuer à développer les crèches (82%) et la garde d’enfants en horaires décalés (80%).

Source : Kantar Public

Notes de la rédaction

Enquête réalisée par internet du 8 au 11 juillet 2016 auprès d’un échantillon de 1 007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne de référence) et stratification par région et catégorie d’agglomération.

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