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France Insights

Entre deux tours : du bouleversement politique français au questionnement européen…

Chloé Bion

International News Editor, Kantar Media

Presidentielle 02.05.2017 / 09:00

Second tour

Cette semaine, ce sont évidemment les visages d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen qui s’étalent à la une des journaux tandis que ceux de François Fillon et Benoît Hamon brillent par leur absence.

« La droite K.-O. » (Le Figaro) « Un séisme dont les répliques seront durables » (La Croix) « Le big bang » (Les Echos) « Jamais » (L’Humanité) « La prise de la bastille » (The Guardian) A chacun sa formule pour un même constat : ni le Parti Socialiste ni Les Républicains n’ont réussi à se hisser au second tour de la présidentielle. Au-delà des conséquences immédiates sur le vote du 7 mai prochain, c’est la rupture politique qui fascine les médias qui se penchent sur la défaite de la droite et la crise du PS, toutes deux qualifiées d’ « historiques ». Laurent Joffrin dans son éditorial pourLibérationconstate que « La France, divisée depuis deux siècles entre droite et gauche, choisit un centriste néophyte (…) et une candidate d’extrême droite » tandis qu’Alexis Brézet se désole pour la droite dansLe Figaro : « L’imperdable a été perdu ». A l’étranger,The Timesconsidère que c’est une véritable « humiliation » pour les élites françaises battues par les « outsiders » et Wulf Schmiese parle d’un « recommencement complet » après le premier tour dans ZDF, puisque « les conservateurs et les socialistes ne sont plus dans la course ».

La fin d’un système ?

Comme l’explique La Croix, quel que soit le résultat de l’élection à venir, le duel Macron-Le Pen « laisse entrevoir un bouleversement en profondeur du paysagepolitique ». Dans une tribune pour Le Monde, Pascal Ory revient sur la naissance de la Vème République et l’historien considère que « les conditions sont, pour la première fois, réunies pour mettre fin au mécanisme voulu par le général de Gaulle ». Selon lui, en cas de victoire, Emmanuel Macron n’aurait plus qu’à « réformer la loi électorale dans un sens nettement proportionnel ». Libération s’interroge également sur ce régime « à la peine » alors que les électeurs ont massivement voté pour des candidats qui se revendiquent hors système, les deux partis traditionnels totalisant à eux deux 26% des voix seulement, contre 57% en 2007. Mais le journal conclut que « si la Vème République est bien à bout de souffle, la VIème n’est pas pour demain ».

 « L’Europe respire à nouveau »  - Das Bild

Les médias européens ont de leur côté poussé un soupir de soulagement face à la qualification de l’europhile Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle. Le quotidien espagnol El Pais parle de « l’espoir Macron », le nouveau « golden boy de la politique européenne ». Les dirigeants européens ne se sont d’ailleurs pas privés de féliciter chaleureusement le candidat. Pour le commissaire européen Pierre Moscovici interrogé par La Stampa, le second tour prendre des allures de « référendum sur l’Europe ». En effet, comme le souligne le journal allemandDas Bild, il s’agira d’un duel entre « le libéralisme de gauche et l’ultra droite, l’espoir contre le repli, plus d’Europe contre le moins possible, un ami de l’Allemagne contre une germanophobe ».

Mais il est toutefois trop tôt pour être soulagé selon le Süddeutsche Zeitung. « Le cauchemar n’est pas fini pour l’Union européenne » renchérit le quotidien britannique The Times, qui, s’il reconnait que la catastrophe a été évitée dimanche soir, rappelle que « 49% des électeurs ont soutenu des candidats anti-UE ». Pour le journal anglais, la montée de l’euroscepticisme français est d’autant plus inquiétante que perdre la France, membre fondateur de l’UE et de l’euro, aurait des conséquences bien plus grandes que le Brexit. LeWall Street Journal appelle lui aussi à la prudence, soulignant qu’Emmanuel Macron aura besoin « de réponses crédibles sur l’immigration et le terrorisme ».

Pour Pascal Verdeau, correspondant deFrance Télévisionsà Bruxelles, le soutien des institutions européennes au candidat d’En Marche pourrait cependant s’avérer contre-productif « tant l’image et le blason de Bruxelles sont aujourd’hui ternis». Un éditorial duDaily Telegraphpenche également en ce sens, critiquant le soutien des « bureaucrates non élus de Bruxelles » à Macron alors que près de la moitié des Français ont voté pour un candidat anti-Union européenne…

Source : Kantar Media

Notes de la rédaction

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