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France Insights

Quand les médias tentent d’aider les indécis à faire leur choix

Chloé Bion

International News Editor, Kantar Media

Presidentielle 21.04.2017 / 12:00

Vote France

A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, un tiers des français sont encore indécis, répètent les médias en chœur. Alors, pour les aider à se décider, de nombreux sites proposent des tests interactifs.

C'est un peu comme ces quiz de personnalité des magazines de l’été « pour savoir si on est plutôt timide ou audacieux » remarque Alain Rémond dans son billet pour La Croix.

Que faut-il faire de la loi Travail ? Quelle est votre position sur l’Union européenne ? Etes-vous pour l’ouverture de la PMA aux couples de même sexe ? C’est à ce type de questions que peuvent répondre les électeurs sur les sites d’Europe 1, du Figaro ou d’Euractiv. Une façon de placer le votant dans un rôle actif pour l’aider à estimer de quel candidat il est potentiellement le plus proche, et à prendre en main sa décision. Choix des thèmes ou des candidats à comparer, affichage d’une infographie ou d’une photo pour le résultat… : les différences entre tous ces tests sont minimes. Les Décodeurs du Monde proposent ainsi une série de 40 questions avec un résultat interactif permettant de se situer politiquement sur chaque thème, le tout assorti d’un comparateur des programmes. Marianne assume l’aspect ludique de la démarche en proposant différents « temps de jeu » et en décomptant le temps imparti pour répondre à chaque question à la manière d’un jeu télévisé. Résultat : le test affiche près de 400 000 parties jouées. France Télévisions se distingue en proposant, non pas un test sur les programmes des candidats, mais un quiz pédagogique sur les élections pour savoir si « vous êtes prêt à aller voter » : procurations, horaires d’ouverture des bureaux de vote et carte électorale y sont passés en revue. Dans la même lignée, Slate propose des « fiches de secours » sur tous les candidats et conseille aux électeurs de suivre leur instinct : « comme pour tout speed-dating, ne réfléchissez pas trop ». 

Outre les quiz, les médias cherchent à comprendre comment les électeurs prennent leur décision. Lemonde.fr décortique ainsi dans un grand dossier interactif  les revirements, hésitations et décisions de huit électeurs au fil de la campagne. Libération interroge les indécis de tous horizons comme Hélène, une juriste de 55 ans qui « risque de se décider dans l’isoloir » et Les Echos partent à la recherche des électeurs cachés. Mais alors que le poids de l’indécision du scrutin est souvent dépeint comme une menace qui ouvre la voie au Front National, Alain Rémond s’en réjouit dans les colonnes de La Croix. Il y voit la fatigue des électeurs pour « des réflexes conditionnés » : « Etait-ce tellement mieux avant, quand chacun votait selon son camp, pour ainsi dire les yeux fermés ? » s’interroge-t-il. Et Guillaume Tabard de renchérir dans Le Figaro : « plus que jamais, les électeurs vont se faire stratèges ». 

Mais aussi… 

La menace terroriste fait irruption dans la campagne. L’attentat déjoué à Marseille cette semaine a replacé la sécurité au centre des préoccupations des médias. La menace terroriste est à la Une duFigaro, deL’Opinionet deLibération, qui mettent en exergue la réalité de la menace et le renforcement de la sécurité des meetings, des candidats mais aussi des bureaux de vote dimanche. Guillaume Goubert y voit dans son éditorial pourLa Croix«une belle illustration de l’existence d’une collectivité nationale dépassant tous les clivages électoraux ». Cependant, pour Cécile Cornudet dansLes Echos, l’attentat déjoué est tout de même utilisé politiquement, notamment par Marine Le Pen. François Fillon, lui, affirme à la Uned’Aujourd’hui en France : « Je veux combattre l’intégrisme avec les musulmans ». 

Un risque d’interférence russe dans la campagne ? La question n’est pas anodine et inquiète les médias, à l’étranger notamment. L’édition internationale du New York Times consacre un long article à ce sujet, craignant que le phénomène observé au cours de la campagne américaine se répète en France. Et Emmanuel Macron constitue « la cible n°1 des fake news » pour L’Opinion mais aussi le quotidien britannique The Times. Selon l’analyse du Huffington Post, les fausses informations sur le candidat d’En Marche ! seraient également le fait de faux comptes Twitter liés à la « fachosphère ». Face à ces attaques d’un nouveau genre,L’Opinion étudie les différentes stratégies de défense des candidats et leur degré d’efficacité.

Source : Kantar Media

Notes de la rédaction

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