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France Insights

Baromètre 2018 de la confiance des Français dans les media

Carine Marcé

Directrice associée, Kantar Public

Digital 23.01.2018 / 05:00

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Depuis 1987, le baromètre annuel de la confiance des Français dans les media réalisé pour La Croix par Kantar Public, évalue les moyens d’information des Français, la crédibilité qu’ils leur accordent et le traitement médiatique des événements de l’année écoulée.

Inscrite dans une période où les « fake news » sont régulièrement pointées du doigt, cette vague apporte de nombreuses clarifications sur la perception des différents médias en France.

Une confiance dans les médias traditionnels en nette progression

La crédibilité de la radio, presse et télévision rebondit après une forte baisse amorcée depuis 2015 : pour 9 Français sur 10 la mission principale des médias est de fournir une information viable et vérifiée. 56% font confiance à la radio pour remplir cette tâche (+4 points), elle reste ainsi la source d’information la plus crédible aux yeux des Français. Le journal (52%) et la télévision (48%), eux, connaissent un regain important de leur crédibilité avec une augmentation de 7 points pour les deux médias. Ainsi, ces trois médias parviennent enfin à retrouver la confiance des Français après une importante baisse sur une période de 3 ans.

A contrario, Internet recule en confiance et en usage : seuls 25% des Français jugent cette source d’information comme fiable, une crédibilité en baisse qui l’est plus particulièrement chez les internautes. En effet ils ne sont plus que 31% à faire confiance aux informations publiées en ligne contre 35% l’année dernière. En parallèle, si les sites ou applications liées à des journaux restent les sources en ligne préférées des Français, les réseaux sociaux semblent amorcer une légère baisse et ne sont maintenant choisis que par 18% des Français lors de recherche d’informations sur internet.

L'intérêt pour l’actualité en berne, en particulier chez les plus jeunes

Si la crédibilité des médias semblent connaître un récent regain, le manque d’intérêt pour l’actualité quant à lui retrouve son plus bas niveau : seuls 62% (-2 points) des Français reconnaissent suivre avec intérêt les nouvelles données alors que 76% partageaient cette affirmation trois ans plus tôt.

Cette baisse de l'intérêt s’applique principalement  à la tranche d’âge des 18-24 ans : seulement 49% d’entre eux disent suivre les nouvelles publiées dans les médias  (-14 points) contre 62% en moyenne, un niveau historiquement bas pour cette cible. Les Français de cette tranche d’âge sont aussi les seuls qui ne semblent pas être touchés par le regain de confiance pour les médias traditionnels : 56% d’entre eux affirment ne pas faire confiance aux journaux (+2 points) et 49% ne considèrent pas la radio comme un média fiable (+3 points).

Des sujets « people » surreprésentés dans les médias pour les Français et des sujets plus politiques qui semblent être moins visibles dans la presse

Le transfert de Neymar au PSG, les « affaires » de François Fillon et le décès de Johnny Hallyday  sont les événements dont les médias ont trop parlé pour les Français. 67% d’entre eux estiment qu’on a trop parlé du transfert de Neymar même si son exposition médiatique est bien plus faible que les deux autres évènements surreprésentés (863 UBM). Le décès de Johnny Hallyday quant à lui semble avoir eu une exposition médiatique très forte (3853 UBM), potentiellement liée à la retransmission en direct de ses obsèques, quant aux « affaires » de François Fillon, le sentiment de surexposition correspond en effet à son écho médiatique élevé (1534 UBM).

Des sujets plus politiques comme les ordonnances sur le droit du travail, les élections parlementaires en Allemagne, le retrait des Etats-Unis de l’Accord sur le climat et la crise du glyphosate ont été moins bien traités selon 51%, 37%, 35% et 35% des Français. Si cela est en effet le cas pour les élections allemandes (426 UBM) et le glyphosate (454 UBM), le droit du travail et le retrait des Etats Unis des accords sur le climat ont été médiatiquement surexposés selon Kantar Media (1129 UBM et 1154 unités de bruit médiatique (UBM).

Les sujets qui ont été les mieux traités par les médias selon les Français sont les événements ayant pu provoquer le plus d’émotions et d’inquiétudes dans l’opinion publique. C'est le cas de la catastrophe de l’ouragan Irma aux Antilles ou l’attentat de Manchester. Pour les Français ces sujets ont été mentionnés comme il faut (69% pour l’ouragan et 60% pour Manchester), même s’il s'agit de sujets médiatiquement surexposés (1836 et 1935 UBM). 

Voir l'ensemble des résultats ci-dessous :

Source : Kantar Public, Kantar Media

Notes de la rédaction

Étude Kantar Sofres / Kantar Media réalisé en face-à-face du 4 au 8 janvier 2018, pour La Croix, auprès d'un échantillon national de 1000 personnes représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne de référence) et stratification par région et catégorie d'agglomération.

Rappel méthodologique UBM

L'UBM est unindicateur global d’impact médiatique offline et online :

  • Avec 100 UBM, tout se passe comme si chaque Français de 15 ans et plus avait entendu parler du sujet durant la journée.
  • Avec 500 UBM, tout se passe comme si chaque Français de 15 ans et plus avait entendu parler 5 fois du sujet durant la journée.
  • Avec 1000 UBM, tout se passe comme si chaque Français de 15 ans et plus avait entendu parler 10 fois du sujet durant la journée.

Le baromètre UBM analyse 120 supports généralistes leaders en audience sur la cible grand public : 43 titres de presse écrite, 57 tranches d’information audiovisuelle, 20 sites media online.

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