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France Insights

Élections allemandes : une élection encore ouverte !

Politique 22.09.2017 / 08:00

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Dimanche prochain, le 24 septembre, 61,5 millions d’électeurs allemands se rendront dans les urnes afin d’élire une nouvelle assemblée (le 19e Bundestag) et in fine un nouveau gouvernement.

Sauf surprise majeure, Angela Merkel devrait voir son mandat reconduit pour la 4e fois consécutive, un record pour la République fédérale d'Allemagne.

Dans cette Europe où le « dégagisme »  semble être devenu la règle, la chancelière allemande fait figure d’exception. Il n’est cependant pas à exclure que des changements viennent troubler la scène politique allemande pour ce scrutin, certainement et pour la constitution d’une future coalition, assurément : une preuve parmi d’autres pas moins de 42 partis se présenteront à l’élection du Bundestag dimanche, un record là aussi.

Les conservateurs assurés d'arriver en 1ère place

À première vue, tous les indicateurs sont au vert pour Angela Merkel : la croissance économique est au rendez-vous, les excédents commerciaux ont battu des records en 2016 et le taux de chômage n’a jamais été aussi bas depuis la réunification.

Ainsi, selon un sondage de nos confrères de Kantar Public Allemagne, 81% des allemands considèrent que la situation économique de leur pays est bonne et 78% que leur situation économique personnelle l’est aussi.

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Dans ce  contexte et après trois mandats, une majorité (relative) d’Allemands (48%) se dit satisfaite du gouvernement fédéral et cette satisfaction s’appuie sur un spectre assez large de l’échiquier politique allemand. Si 84% des sympathisants CDU/CSU se disent satisfaits, c’est aussi le cas pour ceux du FDP (53%), des Verts (53%) et dans une moindre mesure du SPD (45% versus 54% qui se déclarent insatisfaits).

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Dès lors les intentions de vote placent la CDU/CSU largement en tête avec 37% des suffrages exprimés loin devant le SPD (20%) qui devrait toutefois pouvoir conserver sa deuxième place, mais si cela se confirme avec le plus bas score de son histoire. La 3e place reste pour sa part ouverte avec le parti d’extrême droite AFD crédité de 12% des voix, les libéraux du FDP à 9,5% et l’extrême gauche Die Linke, elle aussi à 9,5%. Cette 3e place ne sera pas sans conséquence sur la capacité (ou pas) de la CDU/CSU à former une coalition, notamment si son score s’avère plus faible qu’escompté.

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L'« effet Groko » ou l'impossibilité pour le SPD d'incarner une opposition

Cette campagne aura été difficile pour le SPD qui ne cesse de baisser dans les intentions de vote depuis le printemps.

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Celui-ci, semble en effet ne pas avoir réussi à mobiliser autour d’un sujet pourtant important aujourd’hui Outre-Rhin : celui de la réduction des inégalités (croissantes) dans un pays où 15,7% de la population vit sous le seuil de pauvreté.  (Seul) thème pourtant avec celui de la sécurisation des retraites où le SPD  est jugé plus compétent que la CDU/CSU (cf. graphique ci-dessous).

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Dans ce combat entre ces deux forces politiques qui pourtant font alliance au sein d’un gouvernement, les Allemands en auront gardé le sentiment d’une campagne (trop ?) consensuelle qui a illustré les limites de la grande coalition pour le SPD en mettant au grand jour son incapacité à toute forme de confrontation critique à l’égard de la CDU/CSU. Avec le risque de voir le parti social-démocrate incarner le rôle d’une opposition fictive et ce après 8 années de pouvoir partagé avec Angela Merkel.

Une exception allemande de refus du populisme qui se délite

L’enquête sur le populisme en Europe de Kantar Public qui a été menée du 21 au 26 juin 2017 dans 4 pays européens (dont l’Allemagne)  illustre une nouvelle fois ce qu’il est convenu d’appeler « l'exception allemande » qui se caractérise par :

  • Un niveau de satisfaction élevé à l’égard du fonctionnement démocratique de son pays (64% en Allemagne versus, 60% aux Pays-Bas, 51% en France et 47% au Royaume-Uni).
  • Le sentiment que ses élites n’ont pas failli au cours des 20 dernières années (65% le pensent en Allemagne quand 81% des Français, 57% des Anglais et 43% des Néerlandais pensent le contraire).  
  • Et enfin, le refus de penser que leur pays a besoin d’un leader fort pour restaurer l’ordre (74% en Allemagne, versus 13% au Royaume-Uni, 17% en France et 23% aux Pays-Bas).

Malgré cette  exception le refus historique et singulier de l’Allemagne face au populisme semble se déliter. 

  • 4 ans après sa création, l’AFD est sur le point d’entrer au Bundestag. Le parti d’extrême-droite eurosceptique est vent debout contre la politique d’Angela Merkel en faveur des migrants pourrait se hisser comme le 3e parti du pays, voire le 2e dans les nouveaux Länder de l’Est à l’image des résultats électoraux de l'élection régionale en Mecklembourg-Poméranie occidentale (nord-est) en septembre 2016, où il a recueilli 21% des scrutins derrière le SPD et devant la CDU.
  • Dans les Länder de l’Est une majorité de citoyens se déclare insatisfait du fonctionnement de la démocratie en Allemagne.
  • Et ce dans un rapport de force ou le parti d’extrême gauche Die Linke est aussi dans la course pour la 3e place.

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Ainsi, plus que la (nouvelle) victoire d’Angela Merkel, l’enjeu de ce scrutin sera de voir quelle sera la force de la vague populiste de l’AFD, mais aussi la capacité de la CDU/CSU selon ses résultats à former une coalition avec le SPD au plus bas dans les intentions de vote. 

Source : Kantar Public

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