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France Insights

Baromètre 2018 d'image du Front National : fin de cycle pour le FN et Marine Le Pen ?

Carine Marcé

Directrice associée, Kantar Public

Politique 07.03.2018 / 06:00

front-national

Notre enquête Kantar Sofres-onepoint pour pour Le Monde, France info, LCP et Public Sénat montre une dégradation de l'image du Front National.

Les 10 et 11 mars prochains le Front National tiendra son congrès avec un objectif clair et affiché : celui de la « refondation » et de la « reconquête » du parti pour en faire la première force d’opposition à la politique d’Emmanuel Macron et de son Premier Ministre Édouard Philippe.

La fin d'un cycle pour le Front National de Marine Le Pen : une image qui se dégrade et une ligne politique de plus en plus questionnée

Après la relative déception de l’élection présidentielle et les divisions qui sont apparues au lendemain de la défaite, le congrès devra assoir la légitimité et la crédibilité de Marine Le Pen comme Présidente du parti. Cela sera aussi le moment, pour elle, de présentrer la ligne politique qui devra être la sienne dans la perspective des prochaines échéances.  Or le défi est de taille :

  • Car comme les Français dans leur ensemble, les sympathisants frontistes sont plus nombreux à n’adhérer ni aux constats qu’elle exprime ni aux solutions qu’elle propose. C’est le cas désormais de 37% (+14) de l’électorat FN contre 57% des Français (+9, un niveau jamais atteint depuis 2011).
  • Notons à cet égard qu’une majorité de sympathisants LR (51%, + 5) adhère désormais aux constats qu’elle exprime sans pour autant adhérer aux solutions qu’elle propose.
  • Pour sa part et concernant son image auprès du Grand public, Marine Le Pen continue d’être considérée comme la représentante d’une extrême-droite nationaliste avec 1 Français sur 2 (51%) qui partage cet avis. Un niveau jamais atteint depuis 2010 alors que dans le même temps, les sympathisants LR sont de plus en plus nombreux à la voir comme la représentante d’une droite patriote attachée aux valeurs traditionnelles (45%, +5).
  • Enfin, son image se dégrade fortement. Bien qu’une majorité des Français interrogés continue de la voir comme une dirigeante politique volontaire (66%) ils sont bien moins nombreux à le penser (-14) cette année. Ce constat est similaire lorsqu’il s’agit de sa capacité (perçue) à prendre des décisions (49%, -20), sa compréhension des problèmes quotidiens des Français (40%, -9), sa capacité à rassembler au-delà de son camp (30%, -12) ou encore le fait d’avoir de nouvelles idées pour résoudre les problèmes de la France (26%, -10).

Nonobstant, la légitimité de Marine Le Pen semble ne faire aucun doute auprès des ses fidèles : ils sont 86% à souhaiter que celle-ci soit candidate à la prochaine élection présidentielle de 2022 (contre 28% pour l’ensemble des Français).

Un niveau d’adhésion aux idées du Front National qui baisse et revient à son niveau d’avant 2012

Dans ce contexte, le niveau d’adhésion global des Français à ses idées recule fortement cette année mettant ainsi fin à une progression observée depuis l’élection de Marine Le Pen à sa tête en 2011 : ils sont désormais 24% à se déclarer d’accord avec les idées défendues par le Front National, soit une baisse de 9 points en un an.

L'enfermement « tribunicien » du Front National

Les Français sont moins nombreux, cette année, à considérer le Front National comme un parti ayant la capacité de participer à un Gouvernement (28%, - 10) et plus nombreux, à l’inverse, à penser qu’il s’agit seulement d’un parti rassemblant les votes d’opposition (62%). Une tendance également observable auprès des sympathisants FN qui sont 18% (+10) à le voir de cette manière, même si plus de 3 sympathisants Front National sur 4 (77%, -13)  continuent à le percevoir comme un parti de gouvernement.

Un changement de nom approuvé par les sympathisants frontistes

Alors qu’il s’agira aussi de l’un des enjeux du congrès, une majorité (59%) de sympathisants frontistes se dit favorable à un changement du nom du parti d’extrême-droite contre 27% qui y sont opposés. Les Français dans leur ensemble semblent, eux, se désintéresser du sujet : ils sont 47% à ne pas exprimer d’opinion. 

Des Français et (encore plus) des sympathisants LR opposés à toute alliance électorale pour les prochaines élections européennes

L’accès au pouvoir du Front National dépendra aussi de sa capacité à élargir son socle électoral ce qui pose la question (fondamentale) des alliances électorales dans un contexte où 27% (-1) des Français considèrent qu’il faut le combattre, 27% (+4) qu’il faut refuser tout accord politique avec lui contre 22 % (-1) qui considèrent qu’il faudrait faire des alliances électorales avec lui selon les circonstances et 9% (-2) qu’il faudrait le traiter désormais comme un allié en passant avec lui une alliance électorale globale.

Ainsi, les Français dans leur ensemble (64%) et de manière encore plus prononcée les sympathisants LR (70%) se déclarent opposés à un accord électoral entre Les Républicains et le Front National dans la perspective des élections européennes de 2019, quand 7 sympathisants frontistes (71%) sur 10 y sont favorables. 

Voir l'ensemble des résultats ci-dessous : 

Source : Kantar Public

Notes de la rédaction

Étude Kantar Sofres-onepoint réalisée en face à face, du 22 au 26 février 2018, pour Le MondeFrance Info, LCP et Public Sénat auprès d'un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne de référence) et startification par région et catégorie d'agglomération.

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