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France Insights

Baromètre d'image du Rassemblement National (2019)

Emmanuel Rivière

CEO Kantar, Division Public, France

Politique 12.03.2019 / 05:00

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Enquête Kantar Sofres-onepoint, réalisée du 21 au 25 février 2019, pour France Info et Le Monde.

A 80 jours des élections européennes, qui représentent pour le Rassemblement national et Marine Le Pen un moment crucial pour l'avenir du mouvement, les résultats de notre baromètre annuel Kantar Sofres-onepoint sur l'image du Rassemblement national pour France Info et Le Monde montre certes une amélioration de la plupart des indicateurs mais qui est loin de compenser la dégradation enregistrée l'an dernier.

A la suite de l'échec de Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2017, notre baromètre de 2018 présentait en effet des indicateurs en baisse qu'il s'agisse de l'adhésion aux idées du parti ou de sa capacité à participer à un Gouvernement. De même l'image de Marine Le Pen s'était fortement dégradée. Depuis, le Front national a opté pour un nouveau nom « le Rassemblement National » à son congrès de mars 2018 qui lui a permis de tourner la page du Front national de Jean-Marie Le Pen. Et, en affichant un certain soutien au mouvement des gilets jaunes, Marine Le Pen est revenue au cœur du jeu politique au cours des trois derniers mois.

Des indicateurs en légère hausse

Cette nouvelle vague du baromètre d'image du Rassemblement national dévoile des indicateurs en légère hausse, hausse plus prononcée sur la capacité à arriver un jour au pouvoir qui illustre la poursuite de la stratégie de « dédiabolisation » enclenchée par Marine Le Pen :

  • Le niveau d'adhésion global aux idées du Rassemblement national augmente légèrement puisque 26% des Français déclarent être en accord avec les idées défendues par le parti, soit une hausse de deux points par rapport à 2018 mais est loin de rattraper le niveau de 2017 où le tiers des Français affichait leur adhésion aux idées du Front national.
  • Si une majorité considère que le Rassemblement national représente un danger pour la démocratie en France, ils sont 39% à affirmer que le parti ne représente pas de danger (+3 points par rapport à 2018).
  • La capacité du Rassemblement national à accéder au pouvoir est en forte hausse. En effet, 47% des Français pensent que le parti pourra accéder au pouvoir un jour en France, soit une augmentation de 7 points par rapport à 2018. Cette opinion est stable auprès des sympathisants du Rassemblement national mais plus largement partagée cette année par les sympathisants Républicains qui sont 52% à le penser contre 37% l'an dernier et les sympathisants LREM (41%, +12 points par rapport à 2018).

L'image de Marine Le Pen qui se renforce

Bien qu'une majorité de Français n'adhère ni aux constats que Marine Le Pen exprime ni aux solutions qu'elle propose, ils sont un peu moins nombreux que l'année dernière à le penser (54%, -3 points par rapport à 2018) mais à nouveau loin de retrouver le niveau de 2017 (48 %).

Pour les Français dans leur ensemble, Marine Le Pen continue de représenter une extrême droite nationaliste et xénophobe (49%, -2 points par rapport à 2018). En revanche 63% des sympathisants Républicains pensent qu'elle représente une droite patriote attachée aux valeurs traditionnelles, une proportion qui augmente de 18 points cette année.

Enfin, un tiers des Français souhaitent que Marine Le Pen soit candidate du Rassemblement national pour la prochaine élection de 2022, une proportion qui augmente par rapport à 2018 (+5 points). Ce souhait est particulièrement répandu au sein des sympathisants du Rassemblement national qui sont 94% à le souhaiter (+8 points par rapport à 2018) et 69% à tout à fait le souhaiter, soit une hausse de 16 points par rapport à l'an passé.

L'idée d'une alliance électorale entre les Républicains et la Rassemblement national progresse chez les Républicains

Concernant l'attitude des Républicains à l'égard du Rassemblement national, 23% des Français considèrent qu'ils doivent le combattre (-4 points par rapport à 2018) et 28% qu'il faut refuser tout accord politique avec lui. L'idée d'une potentielle alliance électorale entre ces deux partis semble gagner en crédibilité auprès des sympathisants Républicains eux-mêmes qui sont 47% à le penser cette année contre 43% en 2018 et 38% en 2017.

Au demeurant, un certain nombre d'opinions ou de mesures, traditionnellement défendues par le Rassemblement national, trouvent un écho dans une part parfois importante de la population

Les Français apparaissent toujours préoccupés par l'ordre et la sécurité de leur pays avec des résultats très stables par rapport à l'année précédente :

  • 74% des personnes interrogées estiment que les djihadistes français binationaux devraient être déchus de leur nationalité, 66% pensent qu'il faut rétablir le service militaire en France et qu'on ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France. Enfin, 64% des Français affirment que la justice n'est pas assez sévère avec les petits délinquants.

Inversement, après l'affaire Benalla et 3 mois de manifestations des gilets jaunes, les Français sont moins nombreux à considérer qu'il faut donner beaucoup plus de pouvoir à la police (45%, -12 points par rapport à 2018).Rappelons que cet indicateur est particulièrement sensible à l'actualité : il avait atteint son niveau le plus bas en 2010 et au contraire fortement progressé en 2014 et 2015. Enfin, on observe une certaine décrispation à l'égard de l'immigration avec des résultats à leur plus bas niveau depuis 2010 pour les affirmations « il y a trop d'immigrés en France » (44%, -6) et « on ne se sent plus vraiment chez soi en France » (35%, -5).

Voir l'ensemble des résultats de l'étude :

Source : Kantar Public

Notes de la rédaction

Enquête Kantar Sofres-onepoint, réalisée du 21 au 25 février 2019, pour France Info et Le Monde, auprès d'un échantillon national de 1000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face-à-face à leur domicile. Méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne de référence) et stratification par région et catégorie d'agglomération.

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