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France Insights

L'évolution de la popularité de Jacques Chirac de 1981 à 2007 : reflet de la transformation du rapport des Français au personnel politique

Guillaume Caline

Directeur de clientèle, Kantar

Politique 26.09.2019 / 12:00

photo-officielle-jacques-chirac

De janvier 1981 à mai 2007, nous avons mesuré chaque mois l’opinion des Français à l’égard de Jacques Chirac.

Occupant successivement ou cumulant les fonctions de député, président du RPR, Maire de Paris, Premier Ministre et président de la République, Jacques Chirac a, pendant plus de 26 ans, bénéficié d’une popularité certainement enviée par l’actuel personnel politique. Que ce soit dans l’opposition ou comme Premier ministre et président de la République, sa cote de popularité n’est jamais descendue sous la barre des 30% avant 2005 et a même dépassé les 60% aux instants phares de sa vie politique.

Arrivé troisième au 1er tour de l’élection présidentielle de 1981 avec 18% des suffrages, Jacques Chirac entame le mandat de François Mitterrand dans le rôle de chef de l’opposition. A la tête du RPR, il maintient une cote de popularité stable et assez élevée jusqu’en 1986, fluctuant autour de 40%. Une série de victoires électorales et la popularité en berne du Gouvernement socialiste lui font même atteindre un pic à 46% en juin 1984. Au moment de sa nomination comme Premier ministre de François Mitterrand après les élections législatives de 1986, 59% des Français souhaitent lui voir un jouer un rôle important dans les mois et les années à venir. A Matignon pendant 2 ans, sa cote d’avenir oscille alors autour de 45%, ne passant sous la barre des 40% qu’une seule fois, en mars 1987.

A l’issue de l’élection présidentielle de 1988, François Mitterrand est reconduit pour un deuxième mandat face à Jacques Chirac. L’effet sur la cote d’avenir du Maire de Paris est immédiat : elle retombe à son niveau d’avant 1986. Jusqu’au début de 1995, sa cote fluctue autour de 40%, atteignant le minimum de 34% en janvier 1989 et un maximum de 47% en avril 1993, après la déroute de la gauche aux législatives.

Jacques Chirac devient Président de la République en 1995. Après une campagne qui hisse sa cote d’avenir à 66% en mai 1995, le plan Juppé et le mouvement de grève, annoncé en novembre 1995, font plonger la cote de confiance de Jacques Chirac à 35% en quelques mois. Les débuts de Jacques Chirac à l’Elysée sont ainsi marqués par une popularité en dents de scie : remontant à 47% en juin 1996, après l’annonce de la réforme des armées, avant de retomber à 32% en décembre de la même année, rattrapée par l’impopularité du gouvernement.

Après la dissolution de l’Assemblée Nationale et la nomination de Lionel Jospin au poste de Premier ministre, Jacques Chirac retrouve une cote de confiance élevée. La cohabitation profite à la popularité du président de la République, qui atteint même 63% en mai 1999, lors de l’intervention de l’OTAN au Kosovo. Jusqu’à l’élection présidentielle de 2002, la cote de confiance de Jacques Chirac oscille autour de 50% et descend rarement sous 45%, sauf en octobre 2000 après les révélations de la « cassette Méry » sur l’affaire des HLM de Paris.

Après sa réélection face à Jean-Marie Le Pen en mai 2002, la cote de confiance de Jacques Chirac se maintient au-dessus de 45% et atteint 60% en avril 2003 au moment du refus français de participer à la guerre en Irak. Mais à partir de 2004, elle passe durablement sous les 40%. Avec le référendum sur le Traité Européen et le Contrat Première Embauche, Jacques Chirac atteint même des records d’impopularité jusque-là dans la Ve République pour un Président, avec une cote de confiance à 16% en juillet 2006.

L’évolution de la popularité de Jacques Chirac lors de ces 26 années illustre et reflète les changements du rapport des Français au personnel politique. Maintenant jusqu’au début des années 2000 une popularité assez élevée malgré les échecs électoraux et les responsabilités gouvernementales puis présidentielles, Jacques Chirac a vu sa cote de confiance se dégrader fortement à partir de 2004, en même temps que croissait une défiance généralisée des Français à l’égard du monde politique.

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Source : Kantar

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