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France Insights

Élections Municipales 2020 : Angers, notre analyse

Marie Vialle

Directrice d'études

Politique 30.01.2020 / 09:00

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Notre analyse de la situation politique à Angers dans la perspective des élections Municipales.



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Contexte et enjeux

Ville au tempérament politique modéré, Angers a longtemps été détenue par la gauche depuis qu’en 1977 le rocardiste Jean Monnier (alors PS) l’emporta sur le maire sortant conservateur Jean Turc. Depuis lors, Angers réélisait volontiers ses maires sortants, à commencer par Jean Monnier, le détenteur du record de longévité à ce poste dans l’histoire de la ville. A la tête d’Angers pendant 21 ans, Jean Monnier a réalisé 3 mandats - le premier en tant que membre du PS, les suivants sans étiquette - et démissionné en 1998, à la moitié de son 4e mandat, au profit de son premier adjoint Jean-Claude Antonini (PS). Après ses trois premières années à la tête de la mairie, les Angevins avaient confirmé J-C. Antonini, le réélisant en 2001 puis en 2008. Cette dernière réélection, cependant, annonçait déjà la montée en puissance de Christophe Béchu, alors président du Conseil général de Maine-et-Loire et candidat de l’UMP à la mairie d’Angers, et auquel l’ex-maire Jean Monnier avait apporté son soutien. Arrivé derrière C. Béchu au premier tour, J-C. Antonini l’avait en effet emporté de justesse au second tour avec 50,6% des voix. En janvier 2012, malade et après 14 ans de mandats, J-C. Antonini avait surpris en annonçant sa démission. Frédéric Béatse (PS) avait alors été désigné à la hâte par le conseil municipal pour lui succéder, l'adjoint Jean-Luc Rotureau (PS), leader de l'opposition au Conseil général, se trouvant ainsi écarté de la course à la succession.

Deux ans plus tard, aux élections municipales de 2014, F. Béatse n’avait cependant pas fait le poids face à Christophe Béchu (LR) : en obtenant 54,36% des suffrages au 2nd tour, ce dernier avait fait basculer la ville à droite après 37 ans de règne ininterrompu de la gauche. Pour gagner, C. Béchu avait su rassembler les droites et le centre, en choisissant notamment pour adjoints des membres de Sens commun, mouvement né de la Manif pour tous. Il avait aussi bénéficié d’une division de la gauche : le PS avait désigné F. Béatse et dû faire face à la candidature dissidente de Jean-Luc Rotureau

Depuis 2017, C. Béchu a quitté les Républicains et apporté son soutien à Emmanuel Macron et LaREM à plusieurs reprises, marquant une ouverture plus au centre qu’à la droite conservatrice. En juin 2019, au lendemain des élections européennes, C. Béchu a d’ailleurs été à l’initiative de la tribune des élus de droite et du centre soutenant E. Macron puis lancé l’association « La République des maires » fin août 2019 afin d’orchestrer la recomposition du paysage politique local en vue des municipales 2020. 

En cette fin de mandat, le climat social est plutôt positif pour Christophe Béchu. De fait, reconduite à la tête de divers classements depuis plusieurs années - comme étant parmi les villes les plus vertes, agréables ou attractives de France -, Angers satisfait largement ses habitants (97% se disent satisfaits d’y vivre selon notre sondage Kantar pour la ville d’Angers en mars 2019) qui y apprécient particulièrement la qualité de vie (97%) et se disent majoritairement confiants en son avenir (95%). Angers a d’ailleurs vu sa population augmenter de 1,14% entre 2018 et 2019, une hausse significative qui traduit l’attractivité de la ville.

Par ailleurs, si le terreau social-démocrate angevin a plutôt bénéficié à la gauche avant 2014, les électeurs se sont laissé séduire par la promesse d’ouverture et de rassemblement de LaREM – posture qui avait aussi marqué les mandats de son indétrônable édile Jean Monnier. Ainsi, après avoir préféré à Nicolas Sarkozy les candidats PS en 2007 (53% avaient choisi Ségolène Royal) puis en 2012 (57% pour François Hollande), les Angevins ont largement apporté leurs voix à E. Macron en 2017. En 2019, ils ont confirmé leur préférence en votant à 28% pour la liste LaREM menée par Nathalie Loiseau, puis à 18,8% pour la liste écologiste de Yannick Jadot et à 11,95% pour la liste RN de Jordan Bardella.

Face au maire sortant, plusieurs candidats se sont déclarés :

La gauche angevine n’a pas su s’unir et présente trois listes distinctes, aucune d’entre elles n’ayant réussi à attirer une tête de liste de poids :

  • La Liste PS Aimer Angers, dans laquelle figure l’ex-maire Béatse, a désigné à sa tête le binôme Silvia Camara-Tombini (conseillère municipale PS) et Stéphane Lefloch (ingénieur automaticien et entrepreneur ex-EELV, qui remplace Philippe Violanti, également ex EELV ayant démissionné de la tête de liste).
  • Le binôme Claire Schweitzer (FI) et Daniel (dit Djamel) Blanchard a été désigné tête de liste d’Angers citoyenne et populaire (ACP) réunissant la France Insoumise, la Gauche Républicaine et Socialiste, et le Parti Animaliste. L’un comme l’autre se lancent pour la première fois à la candidature de la mairie, Claire Schweitzer étant membre de L214 et militante FI. Djamel Blanchard, personnage controversé, est fondateur de l’Association des jeunes de la Roseraie et co-président de « Pas sans nous » qui dénonce l’oubli des banlieues et quartiers populaires d’Angers.
  • Le directeur de recherche au CNRS Yves Aurégan (EELV) a été désigné tête de liste d’Angers écologique et solidaire, qui rassemble EELV, Nouvel Elan, Génération.s et le PCF. Militant EELV depuis 2002, c’est une première candidature pour Aurégan qui n’avait figuré sur aucune liste politique auparavant.

A l’extrême droite, Olivier Douay (RN) a été désigné et œuvre à la constitution de sa liste. En 2014, la liste RN n’avait obtenu que 6,73% des suffrages au premier tour.

Ce que disent les sondages

A date, aucun sondage d’intentions de vote n’a été publié en vue des municipales.

Un sondage commandé par la mairie d’Angers à Kantar en mars 2019 laisse cependant présager de bons augures pour le maire sortant. De fait, ce sondage a montré que l’action municipale est jugée positivement par la plupart des Angevins, 83% des sondés estimant que le travail fourni par municipalité est positif voire excellent, et 68 % préférant « continuer l’action municipale telle qu’elle est menée actuellement », contre 26 % qui pensent qu’il faudrait la changer.

Pourquoi suivre l’élection municipale à Angers ?

  • Parce que pour gagner Christophe Béchu poursuit son ouverture politique - désormais à gauche avec notamment l’entrée de l’ancienne sénatrice EELV Corinne Bouchoux – et devra donc faire cohabiter ses colistiers malgré de profondes différences idéologiques.
  • Parce que C. Béchu est à l’initiative de l’association République des Maires, pouvant ainsi être vu comme le meilleur représentant de ces élus macron-compatibles à l’ancrage territorial important que LaREM a choisi de soutenir pour se renforcer dans les territoires et appuyer son action au niveau national. Sa victoire serait un signe positif pour le gouvernement actuellement en difficulté.
  • Parce que son résultat marquera le bilan du premier mandat de Christophe Béchu, indiquant si l’alternance se confirmera ou non dans le temps.

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Source : Kantar


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