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France Insights

Élections Municipales 2020 : Besançon, notre analyse

Loïc Fages

Chargé d’études

Politique 03.03.2020 / 14:00

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Notre analyse de la situation politique à Besançon dans la perspective des élections Municipales.

 


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Contexte et enjeux

Besançon présente un vif intérêt pour les élections municipales à venir et cela à plusieurs titres. Il s’agit, avec Lyon, d’une des rares villes de plus de 100 000 habitants détenus par La République en Marche. Le maire sortant, Jean-Louis Fousseret, élu sous l’étiquette socialiste depuis 2001, avait en effet rallié La République en Marche en juin 2017 et était devenu président de « Tous Politiques ! » l’institut de formation du parti présidentiel. Mais M. Fousseret ne se représentant pas, la situation paraît ouverte et à risque pour LaREM : la candidate EELV est parvenue à réunir derrière elle une grande partie de la gauche tandis que la liste officielle La République en Marche doit affronter une liste dissidente (cette dernière bénéficiant de plus du soutien du maire sortant !).

A cet égard, le parti écologiste a clairement identifié Besançon comme une ville « gagnable ». La capitale de la Franche-Comté est, en effet, une ville ancrée à gauche depuis longtemps. La ville a, en effet, été tenue par la SFIO puis le PS depuis 1953 et n’a connu, depuis, que 3 maires : Jean Minjoz, de 1953 à 1977, Robert Schwint de 1977 à 2001 et Jean-Louis Fousseret, de 2001 à aujourd’hui.

En 2014, Besançon avait vu s’affronter 10 listes officiellement investies pour remporte la mairie, dont la liste de Jean-Louis Fousseret, qui se présentait pour un troisième mandat. Dans un contexte national difficile pour le PS, ce dernier l’avait emporté de peu, à l’issue d’une triangulaire face à Jacques Grosperrin représentant de l’UMP (44,40%) et le candidat du Front National Philippe Mougin (8,20%).

En 2017, Emmanuel Macron est arrivé en tête du 1er tour avec un score légèrement supérieur à celui réalisé au niveau national (26,44%) suivi de près par Jean Luc Mélenchon (25,55%). François Fillon (18,50%) et Marine Le Pen (13,80%) réalisèrent, eux, des scores plus faibles qu’au niveau national. Aux élections européennes de 2019, la liste LaREM-Modem est arrivée en première position (24,02%) alors que la liste Europe Ecologie Les Verts se place en deuxième position avec 18,63% des voix et réalise un score plus important qu’au niveau national, lui permettant de nourrir beaucoup d’espoir pour les prochaines élections municipales.

Les résultats de ces élections municipales de 2020 s’annoncent toutefois très serrés et teintés d’incertitudes. Le maire sortant Jean-Louis Fousseret ne briguant pas de quatrième mandat, les prétendants sont nombreux pour lui succéder. C’est au sein d’un paysage politique extrêmement morcelé que 9 candidats se présentent et rendent les pronostics particulièrement complexes :

  • Nicole Friess est candidate pour Lutte Ouvrière, ancienne employée de l’hôpital public, elle était déjà tête de liste lors des deux précédents scrutins et représentera une nouvelle fois le parti d’extrême gauche pour cette élection municipale.
  • La France Insoumise de son côté a apporté son soutien au collectif citoyen « Besançon verte et solidaire » mené par Claire Arnoux qui fut candidate pour les élections législatives de 2017 pour la France Insoumise à Besançon et pour les élections municipales de 2014 sur une liste Front de gauche.
  • Anne Vignot sera tête de liste pour une liste d’union de la Gauche portée par Europe Ecologie Les Verts, « Besançon par nature ». Présidente du groupe EELV au conseil municipal et adjointe à l’environnement pour la mandature actuelle, Anne Vignot est d’abord parvenue à construire une alliance entre EELV, le Parti communiste et l’association « A gauche citoyens ! ». Alors que le PS avait dans un premier temps désigné Nicolas Bodin comme tête de liste, ce dernier a finalement retiré sa candidature au profit des écologistes face à la menace d’un éparpillement de la gauche et la crainte de faire basculer la mairie après 70 ans de socialisme.
  • Pour ces élections municipales à Besançon LaREM a traversé un climat complexe teinté de divisions. Éric Alauzet s’est déclaré candidat dès 2018. Cet ancien membre du parti Europe Ecologie Les Verts (et déjà candidat à la mairie en 2001 sous cette étiquette), fut ensuite adjoint à l’environnement lors du premier mandat de Jean-Louis Fousseret. Elu député une première fois en 2012 avec le parti EELV, il s’est représenté en 2017 avec le soutien non officiel de LaREM qui ne lui a pas opposé pas de candidat. Son investiture par le parti présidentiel a été officialisée en juillet 2019 alors qu’Alexandra Corbier, une autre candidate, s’était présentée à l’investiture. En tant que référente En Marche du Doubs, elle a tenté de faire appel de la décision en invoquant le manque de parité dans la désignation des têtes de liste aux municipales avec le soutien de Marlène Schiappa.
  • Alexandra Cordier a tout de même décidé de se présenter sans investiture, et mène une liste sans étiquette « Ensemble ! » qui compte, parmi ses soutiens, l’actuel maire Jean-Louis Fousseret, présent sur la liste à la 56ème position.
  • Le parti Les Républicains a décidé pour cette élection de désigner Ludovic Fagaut comme tête de la liste « Besançon maintenant ! ». Vice-président du département du Doubs, il fut également candidat aux dernières législatives où il a notamment affronté Éric Alauzet au second tour. Il peut compter sur le soutien de l’ex-candidat de la droite, le sénateur Jacques Grosperrin.
  • Jacques Ricciardetti, quant à lui, représente la liste « Changeons Besançon » soutenu par le Rassemblement National. Il exerce, actuellement, le mandat de conseiller régional de Bourgogne Franche-Comté depuis 2015 mais aussi celui de maire depuis 2001 dans la commune de Tressandans comptant 24 habitants.
  • Enfin, Jean-Philippe Allenbach se présente comme candidat du mouvement autonomiste Mouvement Franche-Comté (MFC), dont il est le fondateur et le président, avec la liste « Les régionalistes ». Et Karim Bouhassoun, conseiller du cabinet de la présidente de région Bourgogne Franche Comté représente, lui, une liste citoyenne « Bisontines, Bisontins » issue du même mouvement dont il est le cofondateur.

Ce que disent les sondages

En janvier 2020, un sondage testant une hypothèse de premier tour avec toutes les listes déclarées, à ce jour, a été réalisé par nos confrères d’Ipsos :

  • La candidate du rassemblement de la gauche et des écologistes, Anne Vignot recueillerait 34% des suffrages et se hisserait donc en tête de ce premier tour.
  • Eric Alauzet, candidat investi par le parti présidentiel, LaREM arrive à la deuxième place à 23%.
  • Suivi par le parti Les Républicains représenté par Ludovic Fagaut, sa tête de liste avec 15% d’intentions de vote.
  • Le candidat Jacques Ricciardetti investi par le Rassemblement National enregistre 10% des intentions de vote et se retrouve en quatrième position de ce scrutin.
  • Alexandra Cordier recueillerait 6% des intentions de vote.

Si ce sondage indique un rapport de force qui penche en faveur d’Anne Vignot, la candidate écologiste, elle montre également que rien n’est joué pour le second tour : les rapprochements, alliances et désistements possibles à l’issue du 1er tour laissent une situation aujourd’hui assez ouverte.

Pourquoi suivre l’élection municipale à Besançon ?

  • Parce qu’il s’agit d’une des rares villes détenues par LaREM aujourd’hui.
  • Parce que c’est une ville identifiée comme « prenable » par les dirigeants d’Europe Ecologie Les Verts comme Yannick Jadot, après le très bon score obtenu par le parti aux dernières européennes.
  • Parce qu’elle témoigne des difficultés qu’a La République en Marche pour s’implanter localement et à faire face aux dissidences.

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Source : Kantar


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