En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer la meilleure expérience possible. En savoir plus

Ne plus voir ce message.
France Insights

Élections Municipales 2020 : Bordeaux, notre analyse

Eddy Vautrin-Dumaine

Directeur d'études

Politique 03.02.2020 / 12:45

header-municipales2020-bordeaux

Notre analyse de la situation politique à Bordeaux dans la perspective des élections Municipales.



Téléchargez la note > Retour aux Municipales 2020 >

Contexte et enjeux

En l’absence d’Alain Juppé qui a laissé en mars 2019, son siège de Premier magistrat de la ville pour le Conseil Constitutionnel, les Bordelais auront peut-être la possibilité de se rendre dans les urnes pour un second tour. Une première depuis la Libération !

Ville tenue par la droite, depuis 1946, Alain Juppé (avec 22 ans de mandat) comme Jacques Chaban-Delmas (et ses 48 ans de mandat) avant lui aura marqué la ville de son empreinte, laissant derrière lui un bilan jugé excellent ou bon par plus des ¾ des habitants (77%). Son départ a toutefois rebattu les cartes et donne désormais lieu à une lutte acharnée pour parvenir à pousser les portes du palais Rohan.

L’issue du scrutin est ouverte :

  • A droite et au centre, l’enjeu sera d’arriver à capter un électorat bordelais largement acquis sur le papier au macronisme. Emmanuel Macron a en effet recueilli 31% des suffrages au 1er tour de l’élection présidentielle soit 6 points de plus qu’au niveau national et son parti est arrivé nettement en tête des élections européennes deux ans plus tard avec 29,5% des voix.

    Du coté des Républicains, c’estNicolas Florian, le successeur de l’ancien édile depuis 2019 qui mènera la listeavec le soutien de partenaires de la majorité présidentielle : le MoDem et Agir (Parti politique fondé par des anciens députés LR soutenant désormais LaREM).

    Cela ne l’empêchera toutefois pas d’avoir face à luiun candidat de La République en Marche, Thomas Cazenave. Une candidature très critiquée à son annonce par des proches d’Alain Juppé ayant peu appréciés qu’un maire « macron-compatible » ne soit pas soutenu par le Parti de la majorité présidentielle.
  • A gauche,le rassemblement sera autour d’un écologiste et non pas d’un ancien socialiste.

    Vincent Feltesse, ancien membre du Parti socialiste, président de la communauté urbaine de Bordeaux de 2007 à 2014, ex-conseiller de François Hollande et déjà candidat aux élections municipales de 2014a en effet jeté l’éponge fin décembre.
    C’est doncPierre Hurmic, avocat et membre d’EELV qui aura réussi à constituer une large liste d’union de la Gauchesoutenue par EELV, le Parti socialiste (PS), le Parti communiste français (PCF), le Parti radical de gauche (PRG), ainsi que Génération.s, Nouvelle Donne et Place publique.

    Une union de la gauche teintée de vert dans une ville qui a vu la liste Europe Ecologie Les Verts arriver en deuxième position lors du dernier scrutin européen avec 21,55% des voix et dont les habitants font de l’environnement et de la lutte contre la pollution leur deuxième sujet de préoccupation pour la future mandature (42% derrière la circulation et le stationnement).

    Une liste sans étiquette sera également présente et menée par Pascal Jarty, directeur du Cija (Centre d'information jeunesse Aquitaine) pendant 30 ans, ancien conseiller municipal sous Jacques Chaban-Delmas ayant participé à la campagne des municipales de 2008 à Bordeaux, sur la liste d’Alain Rousset (PS).

A l’extrême-gauche, Philippe Poutou a annoncé qu’il mènerait une liste "anticapitaliste" rassemblant le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), LFI (La France Insoumise), des associatifs et des "gilets jaunes", excluant tout futur accord avec les écologistes et la gauche.

Enfin, à l’extrême-droite, la liste Rassemblement national sera conduite par Bruno Paluteau, dentiste, conseiller municipal frontiste élu à Bègles en 2014 et ancien militant RPR adhérent du FN puis du RN depuis 2010.

Ce que disent les sondages

Nos confrères d’Ipsos ont réalisé fin décembre (soit après le retrait de Vincent Feltesse) un sondage d’intentions de vote. Il en ressort que l’issue du scrutin est ouverte et que l’hypothèse d’une triangulaire LR / LaREM / EELV n’est pas à exclure.  

  • La liste LR menée Nicolas Florian, arrive en tête33 % des suffrages (contre 61% pour celle menée par Alain Juppé en 2014)
  • Elle fait toutefoisquasiment jeu égal avec la liste d’union de la gauchemenée par Pierre Hurmic à 30%.
  • Dans ce contexte,la liste de LaREM peine à s’imposer et est bien derrièreavec 16% des intentions de vote quand aucune des autres listes ne dépasse les 10%.
  • Ainsi si ce rapport de force se confirme, de l’attitude de la tête de liste de LaREM (et de ses électeurs) dépendra l’issue du second tour et donc du scrutin.

Pourquoi la suivre :

  • Parce qu’après 22 ans de mandat, la succession d’Alain Juppé semble ouverte et surtout incertaine
  • Parce que ce duel à droite et au centre pour capter l’électorat macroniste pourrait bien profiter à la liste d’Union de la gauche menée par un écologiste
  • Une issue symbolique qui pourrait faire basculer Bordeaux à gauche, soit une première depuis la Libération…
  • Parce que Bordeaux aurait pu être sur le papier un territoire de conquête pour LaREM. Une ambition toutefois contrariée par l’absence d’un ancrage territorial fort

Téléchargez la note > 

 


AUTRES VILLES

ANGERS

Th -municipales -2020-angers

BESANÇON

Th -municipales -2020-besancon

BORDEAUX

Th -municipales -2020-bordeaux

GRENOBLE

Th -municipales -2020-grenoble

LA ROCHELLE

Th -municipales -2020-larochelle

LIMOGES

Th -municipales -2020-limoges

LYON

Th -municipales -2020-lyon

MARSEILLE

Th -municipales -2020-marseille

METZ

Th -municipales -2020-metz

MONTÉLIMAR

Th -municipales -2020-montelimar

MONTPELLIER

Th -municipales -2020-montpellier

NICE

Th -municipales -2020-nice

NÎMES

Th -municipales -2020-nimes

PERPIGNAN

Th -municipales -2020-perpignan

STRASBOURG

Th -municipales 2020-strasbourg

 TOULOUSE

Th -municipales -2020-toulouse

Source : Kantar


Derniers articles

La vague de juillet du baromètre politique Kantar-onepoint pour Le Figaro Magazine a été réalisée du 25 au 29 juin 2020.

Kantar et onepoint s'associent pour offrir une vision exhaustive des études électorales consacrées aux élections municipales, et pour analyser leur contenu et les éclairages qu'elles offrent sur les tendances nationales et les enjeux locaux.

Approbation des gouvernements face au Covid-19. Le Royaume-Uni quitte le club des bons élèves (Allemagne, Canada, Italie) et rejoint le groupe des pays où la population est sceptique, voire critique (France, USA, Japon).

La vague de juin du baromètre politique Kantar-onepoint pour Le Figaro Magazine a été réalisée du 28 mai au 1er juin 2020.

Pour une majorité de Français, les chercheurs scientifiques sont en première ligne pour inventer la société de demain.

Contenus liés