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France Insights

Élections Municipales 2020 : Grenoble, notre analyse

Guillaume Caline

Directeur de clientèle, Kantar

Politique 28.02.2020 / 09:00

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Notre analyse de la situation politique à Grenoble dans la perspective des élections Municipales.

 


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Contexte et enjeux

Les électeurs de Grenoble avaient créé la surprise lors des élections municipales de 2014 en élisant à la tête de leur ville l’écologiste Eric Piolle. En devançant le candidat PS de la majorité sortante, le candidat d’Europe-Ecologie Les Verts avait provoqué un petit séisme au sein de la gauche grenobloise. Le parti écologiste – fort de son bon score aux dernières européennes – souhaite pour 2020 s’inspirer de cette « première » grenobloise et la répliquer dans de nombreuses villes.

Au double mandat d’Alain Carignon (maire RPR de 1983 à 1995 et condamné en 1996 pour corruption), avait succédé le socialiste Michel Destot, à la tête de la ville pendant 19 ans. En 2014, ce dernier avait décidé de ne pas se représenter et de soutenir la candidature de son premier adjoint Jérôme Safar.

Mais, dans un contexte national très défavorable au Parti socialiste, Jérôme Safar (25%) avait été devancé dès le premier tour par Eric Piolle (29%) avec une liste rassemblant EELV, le Parti de gauche, Les Alternatifs et des réseaux citoyens. Jérôme Safar ayant refusé de s’unir à EELV au 2nd tour (et perdant l’investiture PS à cette occasion), Eric Piolle avait été élu avec 40% des voix à l’issue d’une quadrangulaire où étaient également présents l’UMP et le Front national.

Grenoble est ainsi devenue en 2014 l’une des rares grandes villes dirigées par un maire écologiste, avec Bègles (Noël Mamère) et Sevran (S. Gatignon) et la seule de plus de 100 000 habitants.

Ancrée à gauche (François Hollande a recueilli 64% des voix au 2nd tour de la présidentielle de 2012 et Jean-Luc Mélenchon y est arrivé en tête au 1er tour en 2017) Grenoble, a confirmé son tropisme écologiste lors des dernières élections européennes : la liste EELV menée par Yannick Jadot y a recueilli 22,4% des voix (contre 13,5% au niveau national), juste derrière la liste LaREM.

Ces résultats peuvent donner bon espoir à Eric Piolle, qui a annoncé sa candidature pour un 2nd mandat en septembre dernier. Outre le soutien des partis et associations de sa majorité, le maire de Grenoble peut compter avec le soutien de la France Insoumise, de Génération.s, de Place publique, du PCF mais aussi du Parti animaliste., mais aussi de l’appui de personnalités comme Anne Hidalgo.

Face au maire, plusieurs candidats se sont déclarés :

  • Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes dans le Gouvernement d’Edouard Philippe et artisan du « Plan Pauvreté » d’Emmanuel Macron, a annoncé sa candidature et est soutenu par le Parti socialiste et le MRC. Olivier Noblecourt a quitté ses fonctions au Gouvernement le 6 janvier dernier pour pouvoir faire campagne.
  • L’ancien membre du Gouvernement d’Edouard Philippe aura face à lui la candidate désignée par LaREM en juillet dernier, Emilie Chalas, députée de la majorité en Isère.
  • A droite, l’ancien maire Alain Carignon condamné pour corruption, fait son grand retour sur la scène politique grenobloise. Revenu siéger au conseil municipal en décembre dernier (présent en 9e position sur la liste UMP en 2014, et donc non élu, il a profité de la démission récente de deux conseillères municipales), il a annoncé dans le même temps sa candidature à l’élection municipale. Se présentant « sans étiquette », il ne bénéficiera sans doute pas du soutien officiel de LR, même si le parti de droite pourra difficilement présenter quelqu’un face à lui. L’ancien maire semble en tous cas désireux de médiatiser son retour et d’affronter directement et souvent assez vivement le maire, comme en témoigne le début de campagne.
  • A l’extrême droite deux candidats ont été désignés, Mireille d’Ornano pour les Patriotes et Damien Barthélémy pour le Rassemblement national. Si le rassemblement national n’avait fait que 11% aux élections européennes à Grenoble (contre 23% au niveau national) il était toutefois parvenu en 2014 dans un contexte certes différent à se qualifier au second tour.

Ce que disent les sondages

Un premier sondage avait été réalisé par nos confrères d’Odoxa en octobre dernier. Il faisait apparaître qu’Eric Piolle abordait le scrutin en position plutôt confortable puisqu’il était crédité de 32% des voix au 1er tour (soit 3 pts de plus qu’en 2004). Il révélait également que dans une ville où François Fillon n’avait obtenu que 15% des voix et la liste de LR aux européennes 6%, Alain Carignon recueillerait 20% des voix, témoignant de son ancrage. D’autant que le sondage d’Odoxa le faisait s’affronter à une liste LR (testée sans tête de liste) qui recueillait 6% des voix. La candidate LaREM était créditée de 18% des voix et la liste PS – testée également sans tête de liste – de 11% des voix.

Ipsos a publié fin février un nouveau sondage qui confirme les deux premiers enseignements du sondage Odoxa à savoir :

  • Une avance confortable de la liste conduite par Eric Piolle : 36% des intentions de vote au premier tour.
  • La liste conduite par Alain Carignon autour de 20% des voix, soit le même niveau que dans l’enquête Odoxa, dans laquelle était pourtant testée une liste LR.

Toujours d’après cette enquête Ipsos, la liste d’Olivier Noblecourt soutenue par le PS obtiendrait 19% des voix, devant la liste de La République en Marche d’Emilie Chalas en 4e position avec 16% des voix. Si la dispersion des listes au 1er tour est pour l’heure plutôt favorable au maire sortant, une possible alliance au 2nd tour entre les listes d’Olivier Noblecourt et d’Emilie Chalas serait susceptible sur le papier de le menacer.

Pourquoi suivre l’élection municipale à Grenoble ?

  • Parce qu’Europe-Ecologie Les Verts souhaite réaliser dans de nombreuses villes, ce qu’Eric Piolle avait réussi à la surprise générale en 2014 à Grenoble : devancer le PS sortant et s’imposer à la gauche.
  • Parce que la tentative de retour d’Alain Carignon 25 ans après son départ interroge sur le renouvellement de la classe politique en France.
  • Parce qu’un ancien membre du Gouvernement d’Edouard Philippe – soutenu par le PS – affrontera la candidate LaREM.

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Source : Kantar


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