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France Insights

Élections Municipales 2020 : Lyon, notre analyse

Alban Cordier

Directeur d’Etudes

Politique 12.02.2020 / 13:00

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Notre analyse de la situation politique à Lyon dans la perspective des élections Municipales.

 


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Contexte et enjeux

En mars prochain, les électeurs de la métropole de Lyon vont voter deux fois. Pour leurs maires mais aussi, et c’est une première en France, pour le président de la métropole.

Rappel historique sur ce scrutin et les raisons du changement : lors des précédentes municipales de 2014, les candidats amenés à siéger à la Métropole étaient signalés comme tels sur les listes aux élections municipales dans leurs communes. Ils étaient donc élus de façon indirecte via les élections municipales. Or depuis janvier 2015, le Grand Lyon, deuxième agglomération de France avec un budget d'environ 3 milliards d’euros, a absorbé, sur son territoire, les compétences du département. Un changement de nom mais aussi, plus important, un changement de statut administratif : la Métropole de Lyon n’est plus un EPCI (établissement public de coopération intercommunale) mais une collectivité territoriale, à l’image du conseil départemental ou régional. La loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (Maptam) indique qu’à partir de 2020 les présidents de Métropole seront élus au suffrage universel direct selon le même modèle qui s’applique aux élections municipales pour les communes de plus de 1000 habitants.

Une fois cet éclairage apporté, nous pouvons porter un regard sur le contexte politique de la ville : depuis la création de la Ve République, l’histoire politique et la sociologie électorale lyonnaises ont étéfortement marquées au centre-droitece qui correspond à l’image traditionnellement accolée à Lyon d’une ville bourgeoise et catholique. D’Edouard Herriot (1945-1957) à Raymond Barre (1995-2001), Lyon est un fief du centre droit, en témoignent les élections municipales de 1983 et 1989 où l’ancien Premier ministre enlève la totalité des arrondissements. Ce n’est qu’en 1995, à la retraite de Raymond Barre, qu’un courant de centre-gauche incarné par Gérard Collomb va amorcer un basculement qui n’a fait que se confirmer au fil des scrutins :

  • Municipales de 2001 : G. Collomb à la tête d’une liste PS l’emporte au 2e tour (48,56%) face à M. Mercier menant une liste UDF/RPR/DL (36,28%) et à C.Millon menant la liste DCL/DVD (14%) .
  • Municipales de 2014 : G. Collomb toujours à la tête d’une liste PS mais à laquelle se rallie EELV l’emporte au 2e tour (65,75%) face à M.Havard pour la liste UMP/UDI (28,77%).
  • Présidentielle 2017 : E. Macron arrive en tête au 1er tour (30,31%) devant F. Fillon (23,41%) et J-L. Mélenchon (22,84%).

Aux élections européennes de 2019, un nouveau mouvement s’opère avec la montée en puissance d’EELV qui arrive en 2e position (20,92%) derrière la liste LaRem/Modem (28,76%). Montée en puissance qui répond à la fois à une actualité mondiale et à une prise de conscience grandissante des enjeux environnementaux parmi les électeurs :

En effet, si le bassin lyonnais offre le visage positif d’une économie dynamique, d’une forte capacitée d'accueil des entreprises et d’un taux de chômage au plus bas depuis dix ans (le cabinet Arthur Loyd classe Lyon pour la 3e année consécutive à la 1ère place du classement des métropoles françaises les plus attractives), son cadre environnemental est particulièrement perfectible en raison notamment d’une multiplication despics de pollution, et des axes routiers saturés.

De fait, la question écologique polarise les campagnes municipales et métropolitaines tant elle semble au coeur des préoccupations des Lyonnais : dans un sondage Ipsos datant de novembre 2019, les personnes interrogées plaçaient l’environnement en tête des sujets prioritaires (46%).

A ce contexte, on doit ajouterdesenjeux politiquesetun climat de divisionau sein de LaREM où des listes dissidentes sont apparues face aux candidats investis :

  • Dans une configuration identique quoique plus épineuse qu’à Paris en raison du double scrutin,deux candidats issus de LaREM s’opposentdans chacune des élections :
  • Pour la métropole : nommé Ministre de l’Intérieur en 2017, Gérard Collomb avait quitté la présidence de la Métropole au profit du vice-président de l’époque,David Kimelfeld. Ce dernier , qui avait refusé au retour de son mentor à la mairie de Lyon en 2018 de lui rétrocéder sa place, a décidé de se présenter à la présidence de la Métropole contre Gérard Collomb. Malgré d’ultimes négociations début septembre 2019 en vue d’un accord pour les élections à venir, les deux hommes campent sur leurs positions. Lors d’un sondage datant de novembre 2019, réalisé par Ipsos, interrogeant la notoriété des candidats, D.Kimelfeld n’obtenait que 24% d’opinions favorables et n’était connu que par 34% des personnes interrogées là où G.Collomb recueillait 60% d’opinions favorables, son nom étant clairement ancré dans la vie des Lyonnais (90% des répondants le connaissant).
  • Pour la mairie : Yann Cucherat, ancien gymnaste et adjoint au maire chargé des sports, a été investi par LaREM et soutenu par G. Collomb. Il se retrouve face à une liste dissente menée par Georges Képénékian : 1er adjoint au maire, il est, après la nomination de Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur, élu Maire de Lyon par le conseil municipal, poste duquel il démissionnera un an après pour permettre à Gérard Collomb de récupérer le fauteuil de maire, redevenant premier adjoint. En début de campagne, un accord entre G. Collomb, désireux de briguer la Métropole, et le Modem devait aboutir à l’investiture de Fouzyia Bouzerda (Modem) pour la mairie de Lyon, ce à quoi G. Képénékian décide de s’opposer en se présentant librement. Finalement début janvier, il décide de coupler sa candidature avec celle de David Kimelfeld !
  • Une liste EELV qui forte de résultats encourageants lors des européennes, , mais aussi portée par la thématique, prioritaire pour les Lyonnais, de l’environnement et de la lutte contre la pollution, aura pour ambition de confirmer cette tendance favorable. Elle sera conduite par Bruno Bernard pour la métropole et Grégory Doucet pour la mairie.
  • A droite, les listes LR sont conduites par François-Noël Buffet, ancien secrétaire national de l'UMP chargé de l'immigration sous Sarkozy, pour la métropole et Etienne Blanc, Premier vice-président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, pour la mairie.
  • Pour le RN, la liste métropole est conduite par Andrea Kotarac, ex-conseiller régional LFI, et par Agnès Marion pour la mairie.
  • A gauche, on perçoit une volonté de rassemblementmais qui n’est pas partagée par tous : une liste « Gauche Unie »menée par Renaud Payre pour la métropole et Sandrine Runel pour la mairie, regroupe PS, PCF et Génération.s. Une liste « Lyon en commun » (LFI) est conduite par Nathalie Perrin-Gilbert, Maire du 1er arrondissement de Lyon, pour la métropole et pour la mairie. Enfin uneliste LO est conduite par Olivier Minoux, ouvrier dans la chimie pour la métropole.
  • Au centre, une liste « Les Centristes »est conduite par Denis Broliquier, et uneliste « 100 % citoyens »est menée par Eric Lafond.

Ce que disent les sondages

Nos confrères de BVA ont réalisé fin janvier un sondage d’intentions de vote pour les métropolitaines et les municipales. Si la représentation des conseillers métropolitains et municipaux dépend des résultats de chaque secteur, ce sondage permet néanmoins d’avoir un premier aperçu du rapport de forces.

Métropolitaines

  • Le Maire sortant G. Collomb candidat LaREM arrive en tête des intentions de vote à 23%, soit 4 points de moins que dans le précédent sondage réalisé en janvier par OpinionWay.

  • Il est suivi par la liste EELV créditée de 20% des voix, ce qui confirmerait la montée en puissance réalisée lors des européennes (le niveau est inchangé par rapport au sondage d’OpinionWay).

  •  La liste dissidente menée par D. Kimelfel effectue une belle progression (+5 pts) et est créditée de 18 % des voix.

  • A droite, la liste LR de F-N. Buffet recueille 14% des intentions de vote et 12% pour la liste RN (+3pts).

  • Les listes de gauche arrivent ensuite, sous la barre des 10%. La liste « La Gauche Unie » conduite par Renaud Payre (PS, PCF, DVG) est créditée de 9% des voix, celle de LO conduite par Olivier Minoux, 2.5%. Enfin la liste « Lyon en Commun » (LFI) conduite par Nathalie Perrin-Gilbert non testée recueillait pour sa part 3% des voix dans le précédent sondage d’OpinionWay.

Municipales

Au 1er tour :

  • Y. Cucherat, candidat choisi par Gérard Collomb et investi par LaREM, en 3e position dans le précédent sondage d’OpinionWay, arrive en tête des intentions de vote avec 22% (+7pts).

  • Il est talonné par la liste EELV conduite par Grégory Doucet, créditée de 19% (- 2pts), soit 10 points de plus qu’en 2014 et puis par le candidat LR Etienne Blanc à 18%, soit 12 points de moins qu’en 2014. 

  • De son côté, Georges Képénékian (dissident LaREM) n’obtiendrait que 8%, suivi par la liste « Gauche Unie » conduite par Sandrine Runel avec 7% des intentions de vote. 

  • La liste RN conduite par Agnès Marion est créditée de 9% soit un niveau plus faible qu’en 2014 (12%). 

  • La liste LFI conduite par Nathalie Perrin-Gilbert obtient quant à elle 9%.

Dans l’hypopthèse d’une triangulaire au 2nd tour, la liste EELV arriverait en tête avec 36% des intentions de vote et devancerait les listes Y. Cucherat (LaREM) et E. Blanc (LR) toutes deux à 32%

Pourquoi la suivre :

  • Parce que pour la 1ère fois à Lyon et en France, les électeurs voteront 2 fois : pour élire leur maire et leur président de métropole.
  • Parce qu’en raison du non cumul des mandats, G. Collomb a choisi de renoncer à son siège de maire pour retrouver la présidence de la métropole, et qu’un bras de fer l’oppose désormais à celui à qui il avait cédé son poste en 2017.
  • Parce qu’une bataille de succession aura lieu pour la mairie mais que la faible notoriété du candidat investi et la concurrence d’une liste dissidente aura pour conséquence possible la perte de la ville, symbole d’un ancrage encore trop rare pour LaREM au profit d’EELV ou de LR.
  • Parce qu’après la ville voisine de Grenoble gagnée en 2014, EELV pourrait réitérer la surprise et remporter une deuxième grande ville.
  • Parce que LR pourrait revenir à Lyon pour la 1ère fois depuis 1995 et la défaite de Michel Noir contre Raymond Barre.

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Source : Kantar


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