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France Insights

Élections Municipales 2020 : Marseille, notre analyse

Eddy Vautrin-Dumaine

Directeur d'études

Politique 14.02.2020 / 16:00

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Notre analyse de la situation politique à Marseille dans la perspective des élections Municipales.

 


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Contexte et enjeux

Les prochaines élections municipales s’annoncent historiques à Marseille. Pour la première fois depuis un quart de siècle, l’actuel maire Jean-Claude Gaudin (LR) ne sera pas candidat laissant un siège vide et surtout très convoité avec vue imprenable sur Notre-Dame-de-la-Garde.

Autrefois acquise à la Gauche du temps de son riche passé industriel, elle est devenue à partir de la fin des années 80 et du déclin de son industrie une terre de prédilection pour le vote protestataire et l’extrême-droite :

  • Ainsi, le Front national avait présenté, dès 1989, une liste pour les élections municipales et s’était qualifié au 2nd tour dans les huit secteurs de la ville, totalisant au total 13,58% des voix (les élections à Marseille se font par secteur et non pas arrondissement : un secteur réunissant deux arrondissements). Il obtiendra 6 ans plus tard, en 1995, 21,99% des voix.
  • Jean-Marie Le Pen est ensuite arrivé en tête du 1er tour de l’élection présidentielle de 1995 (22,32%) et de 2002 (23,34%) et le Front national a réussi à remporter une mairie de secteur dans les quartiers nord en 2014 à la faveur d’une triangulaire. Le parti de Marine Le Pen est ensuite arrivé très largement en tête des dernières élections européennes sur l’ensemble de la ville (26,31% devant LaREM à 20,56%) raflant la première place dans 12 des 16 arrondissements de la ville.
  • A gauche, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête au 1er tour de la présidentielle de 2017 (24,8%) suivi de près par Marine Le Pen (23,66%), Emmanuel Macron arrivant pour sa part en 3ème position (20,44%). Une dynamique pour la France insoumise qui s’est confirmée avec l’élection de son leader comme député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône (centre-ville de Marseille).

Dans ce contexte, la succession de Jean-Claude Gaudin met en lumière un climat politique local miné par d’importantes divisions :

  • Dans une ville toujours marquée par de très fortes inégalités sociales et territoriales (25% de la population vit sous le seuil de pauvreté selon l’INSEE), laquestion de son bilan est soumise à controversedepuis, notamment, les effondrements d’immeubles rue d’Aubagne en novembre 2018 et le rapport de la Chambre régionale des comptes mettant en cause la gestion de Jean-Claude Gaudin. Ainsi selon nos confrères d’Ipsos, plus de la moitié des Marseillais (57%) considèrent que le travail de la municipalité depuis 2014 a été médiocre ou mauvais.
  • La droite en ordre dispersé : désignée (avec le soutien de Jean-Claude Gaudin) tête de liste des Républicains, Martine Vassal (Présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, de la Métropole Aix-Marseille et adjointe de Jean-Claude Gaudin pendant 14 ans de 2001 à 2014) aura face à elle une liste dissidente menée par le Sénateur et ancien Maire du 3e secteur Bruno Gilles. Président de la fédération LR des Bouches-du-Rhône (jusqu'à sa démission fin 2019), initialement soutenu par Renaud Muselier (actuel Président LR de la région Provence-Alpes-Côte-D’azur, 1eradjoint de Jean-Claude Gaudin pendant 12 ans et aujourd’hui en froid et très critique avec lui), la candidature de Bruno Gilles a été rejetée par la commission nationale des investitures des Républicains, dont il a depuis démissionné.
  • Une union de la gauche et des écologistes inaboutie : la conseillère départementale écologiste Michèle Rubirola, mènera une large (et inédite) union de la gauche avec une forte « coloration » verte. Refusée par EELV, cette liste sera soutenue par une dizaine de partis de gauche dont le Parti socialiste, Génération.s, Place publique, quelques anciens militants d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), mais aussi La France insoumise (LFI) qui sera représentée notamment par la suppléante de Jean-Luc Mélenchon, Sophie Camard. Elle a reçu, début janvier, le soutien de Benoît Payan, le chef de file de l’opposition (PS) au conseil municipal qui a renoncé à se présenter afin de ne pas « servir de prétexte à la division ».
    Cette union reste toutefois inaboutie : la sénatrice Samia Ghali, en rupture avec le Parti socialiste ayant décidé de se présenter seule tout comme Sébastien Barles pour EELV et Christophe Madrolle pour l’Union des écologistes. 
  • Tardive et maintes fois repoussée, l’annonce de la stratégie de La République en Marche pour Marseille a finalement eu lieu en décembre. Il y aura donc une liste LaREM, qui sera menée par Yvon Berland, ancien Président de la faculté d’Aix-Marseille et accueillera notamment deux adjointes de la majorité municipale précédente : Arlette Fructus (Parti radical) et Caroline Pozmentier (ex LR et adjointe de Jean-Claude Gaudin).
  • Rompant avec ce paysage mouvementé, Stéphane Ravier (maire du 7e secteur) a, pour sa part, annoncé dès septembre qu’il mènerait la liste du Rassemblement National pour les prochaines municipales à Marseille. 

Ce que disent les sondages

Nos confrères d’Ipsos ont réalisé mi-janvier un sondage d’intentions de vote sur l’ensemble de la ville. Si la représentation au Conseil municipal dépend des résultats de chaque secteur, ce sondage permet néanmoins d’avoir un premier aperçu du rapport de forces, lequel laisse à penser que le second tour est encore très incertain.

  • La candidate des Républicains arrive en tête des intentions de vote à 23%, loin devant la liste dissidente menée par Bruno Gilles, créditée de 7% des voix. Un score toutefois bien en deçà des 38% recueillis par Jean-Claude Gaudin en 2014.
  • Elle est talonnée de très près par la liste du Rassemblement National créditée de 22% des voix, soit quasiment son niveau de 2014 (23%), ce qui laisse présager une victoire possible dans certains secteurs.
  • La gauche et les écologistes dispersées arrivent ensuite. La liste du « Printemps marseillais » conduite par Michèle Rubirola est créditée de 16% des voix, celle d’Europe Ecologie Les Verts de 14%. La liste Divers gauche de Samia Ghali pourrait pour sa part recueillir 7% des voix et celle de l’écologiste Christophe Madrolle 3%. A gauche c’est donc de leurs scores au 1er tour que dépendront la nature et les stratégies d’alliance pour le 2nd tour. 
  • Dans cette offre politique fragmentée autant à droite qu’à gauche, la liste de La République en Marche se retrouve en dessous de la barre des 10% avec 8% d’intentions de vote.

Pourquoi la suivre 

  • Parce qu’après 25 ans de mandat Jean-Claude Gaudin rend les clés de l’Hôtel de ville alors que sa famille politique s’est divisée et qu’elle doit, pour l’avenir, tenir compte du jugement sévère à l’égard de son mandat ce qui laisse l'avenir politique de la deuxième ville de France extrêmement ouvert.
  • Parce qu’une union de la gauche inédite aura lieu à Marseille autour d’une candidate écologiste dissidente.
  • Parce que le Rassemblement national pourrait à nouveau réaliser un score important !, voire arriver en tête sur la ville, conserver son secteur tout en en conquérant peut-être un nouveau dans le Nord ou l’Est de la ville.

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Source : Kantar


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