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France Insights

Élections Municipales 2020 : Metz, notre analyse

Joséphine Rey

Chargée d’études

Politique 30.01.2020 / 09:00

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Notre analyse de la situation politique à Metz dans la perspective des élections Municipales.



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Contexte et enjeux

Historiquement réputée de droite, la ville de Metz a basculé à gauche en 2008. Les divisions à droite ont en effet bénéficié au socialiste Dominique Gros qui est devenu le premier maire de gauche à Metz depuis l’instauration du suffrage universel en 1848.

Son prédécesseur, Jean-Marie Rausch, ministre de centre-droit des gouvernements Rocard et Cresson, avait marqué la ville par sa longévité, restant à la tête de la Préfecture de la Moselle 37 ans durant, entre 1971 à 2008. Cependant, en 2008, alors qu’il avait décidé de se présenter pour briguer un 7e mandat Jean-Marie Rausch s’est vu refuser l'investiture de l'UMP qui lui a préféré la candidature de Marie-Jo Zimmermann. Au deuxième tour de l’élection municipale, alors qu’il devance la candidate, l’UMP reviendra finalement sur sa position et lui accordera son soutien. Cette décision ne permettra cependant pas de rattraper l’avance prise par son adversaire, Dominique Gros, qui, face à cette droite divisée, sort victorieux du second tour (48%) devançant Jean-Marie Rausch (27%) et Marie-Jo Zimmerman (24%).

En 2014, dans un contexte où la droite nourrissait des espoirs de reconquête tandis que le FN continuait son implantation locale en présentant cette fois-ci un candidat (recueillant 21,32% des voix au 1er tour), le second tour a donné lieu à une triangulaire. Celle-ci a permis à Dominique Gros de conserver la mairie, ce dernier recueillant 43% de suffrages contre 41% pour son adversaire UMP Marie-Jo Zimmermann et 16 % pour la candidate du Front national, Françoise Grolet.

Lors de l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron est arrivé en tête du 1er tour avec un score légèrement supérieur à celui réalisé au niveau national (26,69%) devant Jean Luc Mélenchon (20%), François Fillon (18%) et Marine Le Pen (18%). Aux élections européennes de 2019, la liste LaREM-Modem est arrivée en première position (24%) alors que le Rassemblement National a confirmé son ancrage en arrivant en 2e position à Metz (20%) devant celle d’Europe-Ecologie Les Verts (15%). 

Les résultats des élections municipales de 2020 s’annoncent toutefois très serrés et teintés d’incertitudes. Le maire sortant Dominique Gros ne briguant pas de troisième mandat, les prétendants sont nombreux pour lui succéder. C’est notamment le cas au centre, ce qui pourrait profiterin fineau candidat des Républicains, François Grosdidier. Au final, c’est au sein d’un paysage politique extrêmement morcelé que 9 candidats se présentent et rendent les pronostics particulièrement complexes :

  • Alors que Dominique Gros n’avait pas désigné de successeur, c’est Thomas Scuderi, adjoint du maire sortant à la démocratie participative, qui devait initialement mener sa candidature sous l’étiquette du Parti Socialiste. Cependant, son investiture en juillet dernier s’est vue gelée par le parti qui avait des soupçons sur la régularité du scrutin et qui lui a finalement préféré Jean-Michel Toulouze. Ce dernier a disparu brutalement en octobre 2019 laissant un PS endeuillé et sans candidat. Dans ce contexte, Thomas Scuderi a préféré s’émanciper et n’a pas attendu sa désignation pour officialiser sa candidature.
  • Les Républicains ont, quant à eux, investi François Grosdidier, sénateur de la Moselle et ex-maire de Woippy, qui a réussi à fédérer diverses composantes de la droite messine au-delà de son camp ralliant notamment le Docteur Khalifé Khalifé, (cardiologue, ex-adjoint au maire de Jean-Marie Rausch et président de l’Union Républicaine Lorraine) et le directeur de l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE) de Metz, Julien Husson à sa liste.
  • Pour cette municipale LaREM a traversé un climat complexe teinté de divisions. Dans un premier temps, des rumeurs couraient sur la candidature de Nathalie Griesbeck (ancienne députée européenne MoDem) pour conduire une liste d'union LaREM/Modem mais celle-ci a finalement été démentie en octobre. Mais alors que Richard Lioger, député de la 3e circonscription de la Moselle ancien président de l’université et premier adjoint au maire de Metz de 2008 à 2017, a obtenu l’investiture LaREM pour les municipales, Béatrice Agamennone a maintenu sa candidature contre celle du candidat investi. L’ex-référente de la République en Marche en Moselle a alors été exclue du parti et est aujourd’hui candidate sans étiquette.
  • Le chef de file d’« Agir » (parti politique d’Edouard Phillipe) et conseiller municipal d'opposition, Jérémy Aldrin a quant à lui refusé l’alliance proposée par Richard Lioger  préférant partir seul .
  • Françoise Grolet, élue de la région Lorraine, qui avait créé la surprise en 2011 en arrivant première du second tour dans le canton de Metz-1, conduira pour la seconde fois la liste du Rassemblement National.
  • Xavier Bouvet, ancien conseiller du maire de Metz, directeur de l’agence Inspire Metz conduira la liste du mouvement Unis. Cet ex-militant socialiste a réussi à rassembler la gauche messine et compte aujourd’hui les soutiens d’Europe Ecologie Les Verts, Génération.s, des Radicaux de gauche et du Parti Communiste. Ainsi, alors que le PS a longtemps refusé d’apporter son soutien à cette alliance les discussions en vue d’une union ont débuté fin décembre.

Ce que disent les sondages

En novembre 2019, un sondage testant deux hypothèses (l’absence ou la présence d’une liste autonome conduite par Béatrice Agamennone) a été réalisé par nos confrères d’OpinionWay :

  • Le sénateur les Républicains François Grosdidier arrive en tête du premier tour avec 26% et 25% d’intentions de vote selon les hypothèses testées.
  • Le Rassemblement National se hisse à la deuxième place à 19% et 18%.
  • Le parti de Marine Le Pen étant talonné de près par la liste Esplanade conduite par Xavier Bouvet et soutenue par Europe-Ecologie Les Verts, Génération.s, le Parti communiste et les Radicaux de la Gauche qui est créditée de 19% (sans la liste menée par Béatrice Agamennone) et 16% des voix.
  • Enfin, La République en Marche malgré ses bons scores aux précédentes élections reste très proche du seul fatidique des 10% (10% et 11% selon les hypothèses), un score faible laissant planer l’incertitude sur sa présence au second tour du scrutin.

Ces sondages confirment l’incertitude quant au dénouement du vote avec une deuxième place et donc un second tour qui restent ouverts.

Pourquoi suivre l’élection municipale à Metz ?

  • Parce que cette élection municipale peut signer son rebasculement à droite à l’issue d’une probable triangulaire ou quadrangulaire.
  • Parce qu’elle montre les difficultés qu’a La République en Marche pour s’implanter localement
  • Parce que le Rassemblement National y est arrivé second aux européennes et pourrait confirmer une nouvelle fois son implantation locale
  • Et enfin, parce que les écologistes, unis désormais à Metz avec une partie de la gauche, pourraient faire une percée sans précédent comme dans un certain nombre de villes.

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Source : Kantar


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