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France Insights

Élections Municipales 2020 : Montpellier, notre analyse

Camille Morisson

Chef de groupe

Politique 04.02.2020 / 09:00

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Notre analyse de la situation politique à Montpellier dans la perspective des élections Municipales.

 


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Contexte et enjeux

Ancrée à gauche, la ville de Montpellier a longtemps été un bastion socialiste. Elu en 1977, George Frèche a ainsi conservé le pouvoir pendant 5 mandats, jusqu’à son passage à la présidence du conseil régional du Languedoc-Roussillon en 2004, date à laquelle Hélène Mandroux, socialiste également, lui a succédé avant d’être élue à son tour en 2008. En 2007 et en 2012, c’est également le candidat socialiste qui est arrivé largement en tête au premier tour de la présidentielle dans cette ville.

Pour autant, en 2014, Philippe Saurel (à l’époque adjoint PS à la culture, exclu du parti pour dissidence) qui se présente sous l’étiquette divers gauche, crée la surprise en gagnant la quadrangulaire qui l’oppose au socialiste Jean-Pierre Moure, au candidat de droite Jacques Domergue et à la candidate d’extrême droite France Jamet.

Aujourd’hui, Montpellier n’est donc plus – comme la majorité des villes en France – socialiste, mais reste une ville de gauche : si Emmanuel Macron (que Philippe Saurel a soutenu lors de la présidentielle) réalise un très bon score au second tour (77,67%), lors du premier tour, c’est Jean-Luc Mélenchon qui arrive très nettement en tête des votes avec un score de 31,46%. Aux européennes, la liste soutenue par La République En Marche – pour laquelle le maire a appelé à voter afin de lutter contre l’extrême droite – arrive en tête (22,77%), mais la liste écologique réalise également un très bon score et arrive seconde (19,53%), 6 points au-dessus de la moyenne nationale.

À l’approche de l’élection municipale et neuf ans après la mort de Georges Frêche, l’incertitude et la division règnent à Montpellier :

  • Le maire sortant, Philippe Saurel, n’a pas encore confirmé sa candidature (et ne le fera pas avant début février, en raison d’une opération au genou qui l’empêche de commencer sa campagne), mais semble en plutôt bonne position. Selon un sondage Ifop réalisé en juillet 2019, 68% des Montpelliérains sont satisfaits de son action et 73% considèrent qu’il est un bon maire.
  • Malgré le soutien de Philippe Saurel au parti présidentiel, La République en Marche a fait le choix d’investir un candidat, en la personne de Patrick Vignal, ancien socialiste aujourd’hui député de La République En Marche de l’Hérault. Après une candidature indépendante, Anne Brissaud (Nouveau Centre) a rallié Patrick Vignal. C’est également le cas de Fernand Maraval (Citoyens démocrates solidaires).
  • Malgré de bons résultats aux élections européennes, et forts d’un contexte où les Montpelliérains subissent de plus en plus fortement les conséquences du réchauffement climatique, les écologistes ont rarement été autant divisés. En effet, alors qu’elle avait gagné l’investiture par des primaires et arrivait en tête des sondages Clothilde Ollier a perdu le soutien de son parti mi-janvier mais maintient sa candidature à la tête d’une liste écologique indépendante (et conserve pour le moment le soutien des Radicaux de Gauche, de Confluence – qui comprend des dissidents de la France Insoumise – et de Génération.s). Lors de l’assemblée générale du 4 février, Europe Ecologie les Verts a investi en tête de liste Coralie Mantion, architecte de métier et porte-parole actuelle de EELV à Montpellier. À noter que Jean-Louis Roumégas maintient également sa candidature dissidente.
  • La France Insoumise, qui ne présente pas de candidats à Montpellier, se voit pour sa part partagée entre le soutien officiel à la liste citoyenne #NousSommes menée par Alenka Doulain et les Insoumis qui soutiennent Clothilde Ollier, au travers du mouvement Confluence
  • Le parti socialiste a pour sa part investi Michaël Delafosse, ancien adjoint d’Hélène Mandroux, puis colistier de Jean-Pierre Moure lors des municipales de 2014, qui fait actuellement partie de l’opposition municipale de gauche. Sa candidature est également soutenue par le PCF et le PRG.
  • Les Républicains, arrivés en troisième position après le Parti socialiste aux élections municipales de 2014 avec Jacques Domergue, ont investi Alex Larue, conseiller municipal assez peu connu du grand public contrairement à son prédécesseur. Il est également soutenu par l’UDI.
  • Mohed Altrad, homme d’affaire milliardaire président du Montpellier Hérault rugby, qui n’a pas reçu le soutien de La République en Marche comme il le souhaitait, a décidé de se présenter sans étiquette et compte à présent sur sa notoriété pour gagner l’élection. Il souhaite, avec sa liste « le cœur et l’action » « redonner à Montpellier ce que la ville (lui) a apporté».
  • Kamy Nazarian, 23 ans, a été investi par l’UPR. De son côté, Olaf Rokvam représentera le Rassemblement National. Ces deux candidats sont assez peu connus du grand public.

On compte donc pour le moment un nombre important de candidats déclarés à Montpellier et il n’est pas impossible que d’autres, comme Maurice Chaynes pour Lutte ouvrière ou encore Thierry Tsagalos en dissidence de La République en Marche se déclarent à leur tour. En plus des candidats déjà mentionnés comptent également se présenter, sans parti :

  • Flavio Dalmau, 16 ans, qui souhaite avec son mouvement « Nous citoyens », incarner le changement.
  • Rémi Gaillard, humoriste et youtuber, qui souhaite notamment défendre la cause animale, cause pour laquelle il est déjà très engagé.

Ce que disent les sondages

Dans une ville où les candidats sont nombreux et où les incertitudes peuvent être importantes, un certain nombre de sondages ont été réalisés, et donnent les enseignements suivants :

Dans un paysage politique éclaté, et avant que EELV ne retire l’investiture à Clothilde Ollier, deux listes avaient l’avantage : la liste EELV et la liste DVG de Philippe Saurel (autour de 20%) avec un léger avantage à la première.  À noter que dans le premier sondage BVA, la liste EELV arrivait en tête avec 21% alors qu’elle était testée sans tête de liste : signe de l’importance des enjeux du moment, malgré les divisions actuelles.

Plusieurs listes obtiendraient autour de 10% des suffrages exprimées et seraient donc en mesure de se maintenir au second tour :

  • La liste soutenue par FI
  • La liste du PS
  • La liste LaRem
  • La liste Mohed Altrad
  • La liste LR-UDI
  • La liste RN

Cet éclatement rend difficile la projection dans le second tour et la question des alliances décisives.

Pourquoi suivre l’élection municipale à Montpellier ?

  • Parce que dans cette 7e ville de France, la situation est particulièrement ouverte à quelques semaines du scrutin
  • Parce que Europe Ecologie les Verts, jusqu’ici bien placé pour faire un bon score dans cette ville, risque de souffrir d’une très forte division

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Source : Kantar


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