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France Insights

Élections Municipales 2020 : Nantes, notre analyse

Loïc Fages

Chargé d’études

Politique 03.03.2020 / 14:00

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Notre analyse de la situation politique à Nantes dans la perspective des élections Municipales.

 


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Contexte et enjeux

Nantes, 6e ville de France par sa population, verra s'opposer 6 femmes têtes de liste sur les 9 officiellement investies pour ces élections municipales, ce qui en fait l'élection la plus féminisée de France dans les grandes villes. C'est aussi une ville sur laquelle le parti Europe Ecologie Les Verts nourrit des espoirs importants après son score encourageant aux élections européennes dans cette métropole de plus de 300 000 habitants.

Nantes a connu un coup de projecteur national après la nomination de Jean-Marc Ayrault comme Premier ministre en 2012 mais aussi avec le projet finalement avorté d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Comme d'autres villes de l'Ouest, Nantes est depuis quelques décennies une ville très marquée à gauche. Jean-Marc Ayrault fut le maire socialiste de la ville de 1989 à 2012, régulièrement réélu dès le premier tour, comme en 2001 et en 2008.

Lors du scrutin de 2014, la situation politique à Nantes s'est toutefois complétement renouvelée : Jean-Marc Ayrault ne se représentant pas pour un cinquième mandat, c'est Johanna Rolland qui prit la tête de la liste du PS. Face à 9 autres listes au premier tour elle recueillit 34,50 % des suffrages devant la liste de l'UMP menée par Laurence Garnier (24,15%). Au second tour, Johanna Rolland remporta la mairie avec 56,21% des voix face à la candidate de droite, dans un contexte national pourtant difficile pour le PS.

En 2017, Emmanuel Macron est arrivé en tête du 1er tour avec un score supérieur à celui réalisé au niveau national (30,83%) suivi par Jean Luc Mélenchon (25,47%), François Fillon (20,25%) et Benoit Hamon (10,98%) qui réalisa un meilleur score que dans la plupart des grandes villes au niveau national. Aux élections européennes de 2019, c'est également la liste LaREM-Modem qui est arrivée en première position (26,34%) suivie par la liste Europe Ecologie Les Verts avec 24,35% des voix, soit l'un des meilleurs scores pour ce parti dans une grande ville.

Pour ces élections municipales de 2020, 8 listes sont officiellement investies face à la maire sortante. Entre les écologistes qui espèrent poursuivre leur dynamique électorale après les européennes, le parti présidentiel qui nourrit l'espoir de s'ancrer localement et le PS qui compte sur sa figure locale pour conserver la ville, l'issue du scrutin paraît encore assez ouverte.

Deux listes d'extrême gauche seront présentes au premier tour : celle de Riwan Chami pour le NPA et celle de Nicolas Bazille pour Lutte Ouvrière.

  • Margot Medkour sera tête de liste pour une liste citoyenne « Nantes en commun », elle peut compter sur le soutien de La France Insoumise pour ces élections. L'actuelle tête de liste a déjà participé à une élection en 2017 pour les législatives sous l'étiquette du Parti Pirate.
  • La maire sortante Johanna Rolland reconduit une liste qui réunit le PS, PCF et le PRG. Elue en 2014 malgré un contexte national difficile, Johanna Roland espère faire de Nantes un symbole de la capacité du PS à résister localement.
  • Europe Ecologie Les Verts a décidé d'investir Julie Laernoes comme tête de liste pour les municipales à Nantes. Julie Laernoes figurait sur la liste de Johanna Rolland en 2014 et occupe le poste de Vice-présidente de Nantes Métropole chargée de la Transition énergétique. Elle peut compter sur le soutien de Génération écologie et du parti animaliste pour cette liste « Nantes ensemble »
  • Valérie Oppelt, députée de la 2e circonscription de Loire-Atlantique, a été désignée en septembre dernier par la Commission Nationale d'Investiture de LaREM pour représenter le parti présidentiel à Nantes.
  • Laurence Garnier sera, une nouvelle fois, tête de liste pour le parti Les Républicains après avoir figuré sur la liste de l'UMP en 2008 et après son accession au second tour en 2014. La candidate de la droite mène la liste « Mieux vivre à Nantes » et fait de la sécurité son principal thème de campagne.
  • L'Union Populaire Républicaine (UPR) a choisi de présenter une liste pour les municipales à Nantes avec Hugo Sonnier à sa tête, « Nantes en exemple ». Le candidat s'était déjà présenté aux élections régionales et législatives en 2015 et en 2017 pour le même parti.

Selon l'étude menée par Vox Populi et Kantar, il est le candidat le plus cité sur Twitter grâce à une stratégie digitale payante mené par sa communauté militante sur les réseaux.

Enfin, le Rassemblement National a décidé très tardivement d'investir une liste pour les élections à Nantes. En cause : un territoire qui à priori ne lui est pas très favorable électoralement et un manque de notoriété de la part de leurs personnalités politiques locales. Le parti a finalement décidé, début janvier, de désigner Eléonore Revel, déléguée départementale du RN, pour mener la liste « Le bon sens pour Nantes ».

Ce que disent les sondages

En juin 2019, un sondage testant deux hypothèses de premier tour a été réalisé par nos confrères de l'Ifop, avec le scénario d'une candidature unique de la gauche alliant notamment le PS et EELV et un scénario avec deux listes distinctes :

  • La maire sortante paraît largement favorite dans les deux hypothèses. Elle recueille 33% des voix au 1er tour avec l'étiquette PS seule, et serait réélue dès le premier tour avec 51% des intentions de vote avec le soutien d'Europe Ecologie Les Verts.
  • De même dans le cadre d'un second tour face à une liste de La République En Marche, Johanna Rolland serait réélue avec 68% des voix avec le soutien des écologistes.
  • Malgré ces très bons résultats pour la candidate sortante, l'hypothèse d'une liste Europe Ecologie Les Verts menée par Julie Laernoes recueille 23% des intentions de vote au premier tour ce qui la place en principal concurrente de Johanna Rolland.
  • Enfin, une liste LaREM obtiendrait 14% des intentions de vote et une liste Rassemblement National 8%, ce qui place ces deux partis en deçà de leurs scores habituels au niveau national.

Ce sondage présentait un rapport de forces qui penche en faveur de Johanna Rolland, candidate à sa succession. Mais, l'étude réalisée il y a plus de huit mois maintenant ne prenait pas en compte toutes les listes aujourd'hui officiellement déclarées et les têtes de listes testées ont changé depuis la réalisation de cette étude. L'issue de ce scrutin ne semble pas scellée : les scores respectifs du PS et d'EELV seront donc particulièrement scrutés au soir du premier tour.

Pourquoi suivre l’élection municipale à Nantes ?

  • Parce que c'est une ville identifiée comme « prenable » par les dirigeants d'Europe Ecologie Les Verts comme Yannick Jadot, après son très bon score aux dernières européennes.
  • Parce que 6 têtes de listes sont des femmes ce qui est un cas unique pour une grande ville.
  • Et enfin, parce qu'elle montre les difficultés qu'a La République en Marche pour s'implanter localement.

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Source : Kantar


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