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France Insights

Élections Municipales 2020 : Nice, notre analyse

Alban Cordier

Directeur d’Etudes

Politique 30.01.2020 / 09:00

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Notre analyse de la situation politique à Nice dans la perspective des élections Municipales.

 


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Contexte et enjeux

L’ancrage à droite de la ville de Nice est établi depuis les années 1960 : elle est la plus grande ville de France à avoir été dirigé uniquement par la droite depuis plus de 50 ans. La préfecture des Alpes-Maritimes se distingue également des autres grandes villes françaises par une extrême-droite particulièrement bien implantée.

Le localisme demeure une variable importante du jeu politique niçois longtemps demeuré sous l’emprise de la dynastie Médecin et de la droite non-gaulliste. Ce localisme est généralement assorti de la présence d’un « homme fort » tel qu’incarné par Jean et Jacques Médecin (1966-1990), puis Jacques Peyrat (1995-2008) et enfin Christian Estrosi (depuis 2008).

On assiste depuis 2014 à un rééquilibrage du rapport de forces au sein des droites niçoises. Lors des municipales de mars 2014, Nice reste encore dominée par la droite classique : pour son second mandat Christian Estrosi y recueille 49% des suffrages contre 21% pour Marie Christine Arnautu (FN). Mais un premier basculement s’opère à partir des européennes de mai 2014, qui voient le début d’une montée en puissance de l’extrême-droite à Nice : la liste du FN sort en tête du scrutin avec 32 % des suffrages, devant la liste UMP (27,2 %).

Marine Le Pen, pour le second tour de l’élection présidentielle de 2017, obtient à Nice un score de 40% contre 34% au niveau national. Et si, lors des législatives de la même année, Jean-Pierre Daugreilh, candidat RN arrive en 3e position lors du 1er tour (12%), aux élections européennes de 2019, la liste « Prenez le pouvoir » soutenue par le RN arrive en tête dans la ville avec 28% des voix contre 22% pour la liste de Nathalie Loiseau (LaREM, Modem et partenaires).

En manque d’ancrage dans la ville, LaREM n’a pas encore investi de candidat à mi-février malgré 2 candidats déclarés. Cette retenue pourrait s’expliquer par les déclarations de C. Estrosi qui suite à la défaite de la liste LR lors des dernières législatives, s’était dit favorable à l’ouverture, posture qu’il confirme aujourd’hui en déclarant que sa liste sera une liste de rassemblement composée non pas selon l’étiquette politique mais selon la compétence de ses représentants. Position critiquée par LR qui s’inquiète qu’un trop grand nombre de candidats LaREM présents sur les listes des candidats LR n’affaiblisse la droite lors des élections sénatoriales (où seuls les grands électeurs votent).

Face au maire sortant, plusieurs candidats se sont déclarés :

  • Phillipe Vardon (vice-président RN au conseil régional PACA) sera candidat pour l’extrême droite. Porté par la dynamique des dernières européennes lors desquelles la liste LR n’avait obtenu que 12%, il devient le principal opposant au maire sortant. Figure des mouvements identitaires, il avait été banni du FN en 2013 puis réintégré lors des régionales de 2015 par Marion Maréchal. Elu à la région, avant de participer à la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2017, il entre au bureau national du RN lors du congrès de 2018, et prend la direction adjointe de la campagne des européennes en 2019. Déjà candidat en 2008 et 2014 sous la bannière des identitaires niçois, il avait obtenu 3 et 4%.
  • Alors qu’en 2014, une liste d’union de la gauche avait été menée par le représentant PS Patrick Allemand (pour un score de 15%), en 2020, la gauche est marquée par la désunion : hormis la liste PS toujours conduite par Patrick Allemand, la liste « Viva ! », menée par Mireille Damiano, regroupe FI, PCF et divers gauche et souhaite co-construire son programme en écoutant les propositions des Niçois. Enfin la Liste « Nice écologique » menée par Jean-Marc Governatori  rassemble les partis Génération Écologie, Cap21, Europe Écologie Les Verts et l'Alliance écologiste indépendante (AEI) .
  • A droite, Debout la France est représentée par Jean-Marc Chipot, entrepreneur de 53 ans. Le parti pro-Frexit UPR (Union populaire républicaine), présidé par François Asselineau, est représenté par Benjamin Michaud. La liste « Droite et indépendants » est menée par le colonel (ER) Benoît Kandel qui se présente contre le maire sortant dont il a été le premier adjoint pendant cinq ans de 2008 à 2013.
  • Notons enfin qu’Eric Ciotti (député LR), sans se déclarer officiellement, avait affirmé en octobre 2018 s’engager dans la préparation des municipales de  2020. Un sondage Elabe réalisé le 27 mars 2019 sur cette hypothèse le plaçait à quasi égalité avec Christian Estrosi. Le 14 novembre 2019, Eric Ciotti annonçait qu’il ne serait finalement pas candidat et expliquait « refuser le risque de conflit et de division » que sa candidature pourrait entraîner. E. Ciotti avait notamment accusé C. Estrosi de pratiquer un « double langage » et de solliciter l'investiture LaREM/Modem en même temps que celle des Républicains.
  • LaREM - deux candidats déclarés sans investiture se sont finalement retirés : Cédric Roussel (Député de la 3e circonscription des Alpes-Maritimes) renonce à se présenter fin janvier et déclare « nous sommes à trois semaines de la date du début de dépôt des listes pour les prochaines élections municipales, six semaines du premier tour et mon mouvement ne s’est toujours pas prononcé sur Nice, 5e ville de France. Dans le même temps, le maire sortant clame haut et fort rejeter le soutien et les valeurs que pourrait lui apporter notre mouvement, rendant ainsi impossible toute co-construction d’un projet commun ». De son côté, Joëlle Martinaux, ex-adjointe au maire de Nice qui après avoir demandé l’investiture LREM avait été démise de ses délégations puis démissionnée de son poste d’adjointe, a annoncé le 30 janvier suivre les directives de LaRem « de ne pas présenter de candidat face à Christian Estrosi. Et est disponible pour accompagner le maire sortant sur les dossiers de la santé et du social. »

Ce que disent les sondages

4 sondages ont été rendu publics depuis mars 2019 par Elabe, Ipsos et Ifop, ce dernier datant de décembre 2019 :

  • Il montre d’abord que Christian Estrosi pourrait remporter le scrutin dès le 1er tour (51% - 49% en cas de non investiture de Cédric Roussel) améliorant ainsi son score de 2014.
  • Le candidat RN Phillipe Vardon obtiendrait 17% (19% en cas de non investiture de Cédric Roussel) confortant les résultats observés lors des européennes.
  • La liste écologique menée par Jean-Marc Governatori arriverait en 3e position (13%)
  • Les listes PS et Viva étant créditées respectivement de 7% et 6% ne leur permettant d’accéder à un second tour.
  • Cédric Roussel, candidat LREM non investi à mi-janvier, obtiendrait 4% en cas d’investiture, 2% sinon.

Ces résultats montrent que Christian Estrosi, aidé par sa promesse de rassemblement et d’ouverture à la majorité, mais surtout depuis le renoncement d’Éric Ciotti, devrait remporter aisément le scrutin de mars prochain.

Pourquoi suivre l’élection municipale à Nice ?

  • Parce que le positionnement à venir de LaREM sera signifiant : si le parti présidentiel soutient Cédric Roussel, cela n’aura pas d’effet sur les équilibres en place ni sur le scrutin mais ne mécontentera pas ses élus locaux, au contraire, s’il soutient Christian Estrosi, il sera associé à son succès, représenté au sein de l’équipe municipale conformément à la promesse du maire et pourra renforcer, à défaut d’un ancrage, à tout le moins sa présence dans la région.
  • Parce que Christian Estrosi pourrait cependant décider de suivre les directives LR et ne pas intégrer à sa liste de candidats LREM/Modem. D’ailleurs, ce rapprochement rendu nécessaire par le risque présenté par la candidature d’E. Ciotti n’est peut-être plus d’actualité.
  • Pour confirmer ou infirmer la montée en puissance à Nice du RN depuis les européennes de 2019.

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Source : Kantar


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