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France Insights

Élections Municipales 2020

Emmanuel Rivière

CEO Kantar, Division Public, France

Politique 11.02.2020 / 18:00

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Kantar et onepoint s'associent pour offrir une vision exhaustive des études électorales consacrées aux élections municipales, et pour analyser leur contenu et les éclairages qu'elles offrent sur les tendances nationales et les enjeux locaux.

Au fur et à mesure de leur publication, tous les sondages publiés par les sociétés d'études seront compilés ici et accessibles via notre carte interactive, qui permet aussi de retrouver les analyses par ville des experts de Kantar. Les éléments contextuels pouvant éclairer le scrutin sont également analysés ici.


SOMMAIRE  :  CARTE INTERACTIVE  |  LES ENJEUX  |  MUNICIPALES PAR VILLE



CARTE INTERACTIVE



SONDAGES ET MUNICIPALES : LES LEÇONS DE 2014

« Les sondeurs dans le brouillard à moins de 10 jours des municipales », titrait Le Monde le 14 mars 2014. Six semaines plus tôt, le 24 janvier un papier d’angle de l’AFP évoquait « des élections ouvertes malgré l'impopularité de Hollande ». On guettait la vague bleue, puisque la majorité d’alors était confrontée à une impopularité record et exposée à de fortes pertes après ses succès de 2008, sans vraiment la déceler dans les sondages disponibles. Pourtant, dès le premier tour du scrutin 2014, il apparut évident que ces municipales allaient être un tsunami bleu. Avec un solde de 162 villes de plus de plus de 9000 habitants passant de gauche a droite, elles furent la plus sévère déroute municipale endurée par le parti au pouvoir sous la Ve République.

Pourtant on ne l’a pas vu venir, et si certains l’ont pressentie, ce n’est pas sur la foi des sondages publiés à l’époque. Les grandes leçons tirées des sondages disponibles portaient à croire à une déconnexion entre le climat national et les choix locaux, à une bonne résistance du socialisme municipal, à une élection incertaine. Même si les sondeurs se gardent de tout pronostic, la netteté du scrutin de 2014 aurait dû permettre qu’on anticipe sa principale leçon, celle d’une magistrale sanction, et ça n’a pas été fait.

Le propos n’est pas ici de faire un mea culpa collectif, mais de comprendre les raisons de ce manque de clairvoyance, et d’en tirer les leçons pour bien interpréter les sondages qui s’accumulent pour le scrutin de 2020. Trois leçons majeures sont à avoir en tête, une relative à la nature du scrutin, l’autre à sa couverture par les sondages, la troisième à la méthode employée.

Le premier constat, c’est que quelques arbres peuvent cacher la forêt. Si des logiques nationales pèsent en général sur les scrutins municipaux, souvent dans le sens d’un vote sanction (1977, 1983, 2001, 2008, 2014) cela s’applique inégalement d’une ville à l’autre. Des maires connus, bien implantés, forts de leur bilan, peuvent parfaitement résister à un vote sanction national, là où leurs collègues de partis, dans le cadre d’une succession mal assurée, se présentant au mandat de trop, ou lestés par un bilan jugé décevant subiront de plein fouet la tendance nationale. En fonction des villes couvertes par les sondages la représentation de ces différents cas de figures peut être déformée. Elle court d’autant plus ce risque que les sondages tendent à s’intéresser aux plus grandes villes (qui ne votent pas comme le reste du pays) ou à des personnalité (dont l’image peut déjouer les logiques nationales).

A ce défaut de couverture s’ajoute un défaut de suivi.  La campagne présidentielle donne lieu à une abondance de sondages pour un seul scrutin, à une fréquence quotidienne. Le scrutin régional voit pratiquement toutes les régions couvertes, en général plus d’une fois, et obéit à des logiques politiques très homogènes d’une région à l’autre. Pour le scrutin municipal, non seulement seule une minorité des grandes villes fait l’objet d’un sondage, mais dans la plupart des cas, par un seul sondage au sein d’un même institut, et parfois par un seul sondage en tout et pour tout. Ce dernier cas de figure prive les sondeurs de la possibilité d’affiner leur approche, de mesurer les effets de campagnes et de saisir la manière dont se cristallise la décision. Cela aggrave le problème d’hétérogénéité des tendances d’une ville à l’autre. Non seulement on ne sonde pas partout, mais on ne suit pas ce qui se passe partout où on sonde.

Ces caractéristiques de la couverture des municipales par les sondages n’expliquent pas toutes les difficultés rencontrées en 2014. Il faut bien reconnaître aussi que dans certaines villes, notamment dans une ville très suivie comme Marseille, les sondages effectués étaient significativement éloignés du résultat final. Un certain nombre d’autres pêchaient par une légère surestimation de la gauche ou une sous-estimation du Front national, modérée pour le 1er tour, mais aggravée par des simulations de second tour très optimistes pour la gauche. Or les municipales sont des élections qui se caractérisent par une grande influence des dynamiques de premier tour sur les seconds, avec des variations locales importantes, rendant très incertains les sondages de 2nd tour réalisés avant le 1er tour.

Une partie du manque de précision constaté en 2014 est liée au fait que ces sondages sont en général réalisés par téléphone, méthode peu à peu abandonnée pour toutes les enquêtes électorales, mais seule envisageable à une échelle territoriale qui ne permet pas de recourir aux panels d’internautes. Or cette méthode tend à accentuer deux phénomènes qui ont longtemps donné du fil à retordre aux sondeurs : la mauvaise représentation ou la sous déclaration du vote Front National et la sur déclaration de la participation. Cette dernière tend à gommer l’abstention différentielle, qui en général explique l’essentiel des bascules électorales lors des élections intermédiaires. Certes les sondeurs ont travaillé à améliorer leurs méthodes et notamment la constitution de leurs fichiers sources et leurs outils de mesures de la participation. Mais la disponibilité des citoyens à répondre par téléphone ne s’est pas améliorée en six ans. En outre, le fait que l’exercice de confrontation du sondage téléphonique à la réalité du vote ne se reproduise que tous les six ans, et la capacité économique limitée des partenaires médias, se prêtent peu à des investissements massifs dans les méthodes d’enquêtes électorales par téléphone. Les notices déposées à la Commission des Sondages pour les enquêtes rendues publiques rendent compte de ces difficultés, notamment dans la reconstitution des votes antérieurs. 

Il n’est pas anodin que l’une des rares enquêtes qui ait clairement annoncé un vote sanction massif en 2014 soit une enquête nationale, réalisée via internet auprès des habitants de villes de plus de 3500 habitants par l’institut CSA. Elle montrait une chute de 10 points du potentiel de la gauche par rapport au 1er tour de 2008. Dans un contexte où l’attache partisane des listes est de moins en moins claire, et où la logique d’adhésion/rejet de l’exécutif ne se superpose plus au clivage gauche droite, la prudence est plus que jamais de mise dans l’interprétation des tendances nationales et les spéculations sur l’issue des compétitions locales.



MUNICIPALES PAR VILLE

ANGERS

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BORDEAUX

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GRENOBLE

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LIMOGES

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LYON

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MARSEILLE

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METZ

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MONTPELLIER

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NICE

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NÎMES

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PERPIGNAN

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STRASBOURG

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 TOULOUSE

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Source : Kantar

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