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France Insights

Les Français et la ménopause

Societe 03.02.2020 / 10:00

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Partenaires depuis 2017, le groupe MGEN et la Fondation des Femmes s’associent cette année autour d’un sujet de santé mais aussi de société : la ménopause.

Bouffées de chaleur, irritabilité, insomnie, risque accru de cancer, problèmes cardio-vasculaires... Des symptômes et un regard social négatif qui pèsent sur les femmes, dans leur couple et au travail. En France, 83% des femmes de 50-54 ans sont ménopausées. Notre enquête a un double objectif : lever le voile sur un sujet de santé peu/mal connu et dénoncer le tabou sociétal qui l'accompagne.

« La ménopause est une étape normale de la vie de toutes les femmes qu'elles vivent pourtant dans le silence du tabou qui l'accompagne. Il est impératif d'ouvrir la discussion pour changer de regard sur la ménopause, et au travers de cela sur l'âge des femmes et le sexisme qui l'entoure, pour faire un pas de plus vers l'égalité femmes-hommes. La Fondation des Femmes est fière de s'être associée à la MGEN pour cette première campagne nationale destinée à briser le tabou de la ménopause ! » Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes.

L’enquête révèle qu’1 femme ménopausée sur 2 a peur de vieillir. D’autant que les Français(e)s partagent le sentiment que les femmes et les hommes sont traités différemment lorsqu’ils vieillissent (à 50%).

Alors comment vit-on la ménopause en France ?

15% des femmes ménopausées ou pré-ménopausées déclarent mal vivre le passage à la ménopause. 44% des femmes en période de pré-ménopause évoquent même un impact négatif sur leur quotidien ; 41% d’entre elles ont déjà entendu des commentaires ironiques ou moqueurs. Mais la ménopause est aussi une libération : 59% des femmes ménopausées y voient autant d’avantages que d’inconvénients, le premier avantage rapporté étant la fin des contraintes et des douleurs liées aux règles.

Quels maux met-on derrière ce mot « ménopause » ?

Spontanément, les Français(e)s (65%) définissent la ménopause d’abord par ses impacts (ne plus avoir ses règles, ne plus avoir d’enfants), ses symptômes et ses inconvénients. 39% l’évoquent comme une étape de la vie d’une femme. Pour les personnes concernées*, la ménopause fait référence à des contraintes de santé : avoir des bouffées de chaleur (84%), prendre du poids (63%), être vieille (36%), perdre sa libido (36%), augmenter la probabilité d’avoir des problèmes de santé (34%), se sentir déprimée (33%) …

Un sujet difficile à aborder

42% des Français en parlent peu, 39% pas du tout ! Ce sont les femmes en pré-ménopause qui en parlent le plus et qui cherchent le plus à s’informer (78%). Car 4 sur 10 se déclarent inquiètes à cette période… Elles se tournent vers des personnes qui peuvent leur répondre sans jugement : les professionnels de santé (52%), puis l’entourage (41%) et prioritairement d’autres femmes concernées, internet (15%) et enfin la presse (14%). 93% des femmes en période de pré-ménopause en ont discuté avec au moins une personne (médecin ou proches).

Mais parler de ménopause n’est pas si simple, ce qui est révélateur d’un tabou (que l’on définit par « ce sur quoi on fait silence, par crainte, ou pudeur »). De fait, seule 1 femme en couple sur 2 a parlé du sujet avec son ou sa conjoint(e).

Plusieurs raisons expliquent cette difficulté à parler de ménopause :

  • c’est un sujet pénible auquel on n’a pas envie de penser : 34% (40% pour les femmes, 29% pour les hommes)
  • tabou, dont il est délicat de parler : 29% (31% femmes / 27% hommes)
  • dont les symptômes ne sont pas facilement identifiables : 27% (35% femmes / 21% hommes)
  • dont on ne sait pas à qui parler : 23% (33% femmes / 15% hommes)
  • sur lequel on n’a pas assez d’information : 18% (16% femmes / 19% hommes).

1 Français(e) sur 2 se sent informé sur le sujet de la ménopause, dont 65% de femmes.

Un sujet dont on se préoccupe au moment où l’on devient concerné : 84% des femmes ménopausées se sentent informées contre 40% des moins de 40 ans. Par ailleurs, on peut supposer un déficit d’information puisque 42% des personnes concernées par la ménopause déclarent ne pas faire la différence entre ménopause et pré-ménopause, et que seule la moitié des femmes ménopausées ou en période de pré-ménopause voit très bien de quoi il s’agit.

Conjuguer ménopause et travail

1 femme sur 5 en pré-ménopause a déjà caché les effets liés à son état dans le cadre de sa vie privée, et 13% des femmes ménopausées ou pré-ménopausées dans le cadre professionnel. Seules 12% des femmes en période de pré-ménopause seraient prêtes à en parler à leur supérieur si elles ressentaient des troubles liés à la ménopause.

Alors que 40% des Français(e)s pensent que la ménopause devrait être prise en compte dans le cadre du travail – Les hommes sont majoritaires à 47% - les femmes ménopausées ou en période de pré-ménopause sont, elles, 60% à être contre cette prise en compte : probablement parce qu’elles craignent le regard stigmatisant et la réaction négative de leur entourage professionnel.

Côté santé, et même si c’est une libération, la ménopause a aussi de réels impacts pour les femmes. À l’exception de l’ostéoporose, les risques de santé pouvant être aggravés par la ménopause sont peu connus. 6 Français(e)s sur 10 concerné(e)s par la ménopause, et environ une femme de 50 ans et plus sur 2, ignorent les problèmes cardio-vasculaires, les cancers (seins, intestins…), les risques métaboliques (diabète, hypercholestérolémie…). Par ailleurs, 90% des femmes ne suivent aucun traitement médical dans le cadre de leur ménopause.

Les Français(e)s sont en faveur d’une plus grande communication sur le sujet de la ménopause (72%) ; Et les professionnels de santé sont les plus attendus (93%). « Acteur engagé sur les sujets de santé au féminin, le groupe MGEN entend s’emparer des résultats de cette enquête pour répondre aux besoins de ses adhérentes, et accentuer la prévention autour de la ménopause, dont les risques liés à la santé restent méconnus, par les femmes comme par les hommes qui doivent être impliqués et mieux informés, comme personnels de santé, managers, collègues ou conjoints. La levée des tabous sur ce sujet et la réflexion qui doit s’ouvrir pour des droits nouveaux ne concerne pas ici les seules femmes mais toute la société. Le groupe MGEN soutient la démarche de la Fondation des Femmes auprès des pouvoirs publics dont l’une des préconisations proposées à travers ce sondage est la mise en place d’une consultation gynécologique gratuite pour toutes les femmes de plus de 45 ans. 93% des femmes de moins de 50 ans étant favorables à l’idée ! » conclut Éric Chenut, vice-président délégué du groupe MGEN.

Voir l'ensemble des résultats :

Source : Kantar

Notes de la rédaction

Étude réalisée en ligne, du 7 au 15 novembre 2019, pour MGEN et La Fondation des Femmes, auprès d’un échantillon de 1 505 personnes, représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus – dont un sur-échantillon de 500 femmes âgées de 45 à 60 ans – selon la méthode des quotas.

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